25 ans après, quel héritage sur l’auto-prise en charge léguée par LD-Kabila ?

Vingt-cinq ans sont passés depuis que l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) prenait le pouvoir à Kinshasa. Laurent-Désiré Kabila qui en était le porte-parole, prenait les rênes du pouvoir depuis la ville cuprifère de Lubumbashi, tombée entre les mains de la rébellion plusieurs mois plus tôt. Le 17 mai 1997, les soldats de l’AFDL entraient triomphalement dans la capitale de l’ex-Zaïre de feu Maréchal Mobutu, qui sera rapidement rebaptisée République démocratique du Congo.

L’AFDL avait entre autres objectifs, de permettre à la RDC de retrouver l’indépendance politique, économique, installer un programme de démocratisation et de développement qui devait impliquer des populations, instaurer l’auto-prise en charge, bâtir un état du peuple, organiser des entités administratives de base et parvenir à une autosuffisance alimentaire et occuper la jeunesse à travers des programmes comme le service national, l’éveil patriotique et susciter le sens de responsabilité sociale aux congolais.

Dans tout cela, l’AFDL cherchait à imprimer une nouvelle vision politique axée sur la philosophie politique d’auto-prise en charge à travers la création du service national, afin de lutter contre le chômage des jeunes ; les réserves stratégiques nationales pour lutter contre la pénurie et la spéculation au pays ; la création du franc congolais qui avait de la valeur à ses débuts et la mise en place des comités du pouvoir populaire « CPP », avec comme objectifs, de favoriser la démocratie à la base et la grande philosophie de se prendre en charge pour développer le pays et lutter contre le néocolonialisme.

Qu’en reste-t-il, 25 ans après ?

Plusieurs observateurs affirment qu’à ce jour, la mémoire de feu Mzee Laurent Désiré Kabila a été simplement trahi non seulement par ceux qui l’ont succédé au pouvoir, mais aussi par ses propres collaborateurs qui n’ont pas su gérer l’héritage légué. De la justice distributive en passant par le social de la population et l’indépendance économique, rien n’a résisté contre la vague de changement des régimes.

Déjà en 2001, lors de la prise de pouvoir par le Président Joseph Kabila, fut instauré un régime totalitaire caractérisé par les violations massives des droits de l’homme, les arrestations arbitraires des opposants, la corruption institutionnalisée, la guerre, la rébellion, le viol des femmes, la trahison au sommet de l’Etat, les assassinats etc. Il s’en est suivi l’effacement et la mise de côté de tous les collaborateurs de son défunt père, Laurent-Désiré Kabila, mettant ainsi fin aux idéaux de l’ex-AFDL.

La RDC avait perdu du coup, la fameuse notion de l’auto-prise en charge, qui permit à LD-Kabila d’autofinancer les projets et autres programmes du gouvernement, grâce aux recettes locales issues des taxes et autres impôts. A l’époque, un policier touchait déjà l’équivalent de 100 dollars américains. Ce qui suscita un engouement aux jeunes, d’intégrer la Police nationale congolaise (PNC), parce qu’ils étaient mieux payés et bien entrainés.

Il y avait ensuite le Service national (SN) qui engageant la plupart des anciens combattants congolais, leur redonnant le goût de vivre. En échange des travaux de champs dont ils étaient responsabilisés, ces derniers percevaient en retour, un solde qui leur permettait de faire face à leurs besoins vitaux. En outre, les produits issus du SN étaient stockés dans des cantines populaires installées à travers toutes les communes de la capitale, offrant ainsi aux populations la possibilité de s’approvisionner à meilleur marché.

Aujourd’hui, rien de tout cela n’est visible. Tout a été ruiné et détruit à l’usure du temps, chaque nouveau régime voulant faire mieux, en imprimant ses nouvelles méthodes, ses nouveaux programmes et ses nouvelles marques, notamment la collaboration avec les institutions de Breton Woods, laquelle ne profite nullement aux populations. Au contraire, la RDC ne fait qu’enregistrer du retard sur le plan du développement.

Pourtant, feu Mzee LD-Kabila s’était refusé de dépendre de l’extérieur. Et curieusement avec sa politique de l’auto-prise en charge, il a développé plusieurs projets, notamment la reconstruction des infrastructures routières et le paiement en temps réel de la solde des militaires et des salaires des fonctionnaires avec un taux qui permettait à ces derniers de nouer tant soit peu les deux bouts du mois.

Au regard de tout ce qui précède, il y a lieu d’affirmer sans peur d’être contredit, que 25 ans après, le fameux héritage nous légué par feu Laurent-Désiré Kabila, ce « soldat du peuple » dont le souci était de voir le peuple congolais aspirer au bonheur, s’est simplement volatilisé à cause des prédateurs patentés.

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