RDC : L’économie congolaise porte les germes de la balkanisation (Vital Kamerhe)

Le directeur de Cabinet du chef de l’État, Vital Kamerhe, a profité de sa prise de parole à l’occasion de la cérémonie traditionnelle du « Mubande », une cérémonie consacrée à la bénédiction des semences chez les Bashi et spécialement ceux de Ngweshe en territoire de Walungu, pour faire un état des lieux rapide de l’économie congolaise.

Selon lui, cette économie est tributaire des pays voisins et est une économie aux allures de balkanisation.

« Nos voisins recevaient plus de 70 % leurs produits du Kivu pour satisfaire les besoins de leurs populations. Mais, aujourd’hui c’est l’inverse. Le Sud-Kivu dépend du Rwanda à plus de 80 %. Le Nord-Kivu de l’Ouganda à plus de 80 %. La province orientale de même. Le Katanga de la Zambie et de la Tanzanie. Le Bandundu et le Bas-Congo dépendent de l’Angola et de la République du Congo. Notre économie est écartelé, extravertie », a déclaré Vital Kamerhe ce dimanche 07 juillet.

Création d’un marché intérieur

Vital Kamerhe, en compagnie du mwami Ngweshe et son épouse lors de la cérémonie traditionnelle du Mubande, organisée ce dimanche 7 juillet 2019 à walungu. (© Prunelle RDC Info)

Pour pallier ce problème, Vital Kamerhe propose la création d’un marché intérieur concurrentiel capable de satisfaire aux besoins de la population.

« Nous devons ramener les choses au centre et au cœur du pays en construisant des infrastructures de base », a-t-il ajouté.

Plusieurs appels ont également été lancés à l’occasion de la cérémonie traditionnelle du « Mubande ». Selon les propos recueillis par le site la prunelle rdc, ce sont notamment des appels pour l’intégration des valeurs culturelles et traditionnelles dans le développement du pays et des chefferies.

Comme celui du Mwami Ndatabaye en personne qui a déclaré que pour consolider les acquis et renforcer davantage la capacité productive de Ngweshe, il a entrepris un processus de réaménagement du personnel de la chefferie dont le rajeunissement des ressources humaines. Il annonce par la même occasion, pour bientôt la mise en place d’un cadre constitué des sages en vue d’appuyer cette réforme et asseoir une structure qui maitrise les us et coutumes des Bagweshe.

« Car La culture est un facteur important de développement n’en déplaise à certaines analysées erronées contredites par le niveau élevé de développement atteint par des Etats organisés sur les bases traditionnelles notamment le royaume de Belgique, l’Angleterre, le Japon, le Maroc, etc. », a affirmé le mwami.

Cet appel a été soutenu par Vital Kamerhe, fils du terroir, qui a rappelé par exemple la nécessité d’avoir des tribunaux coutumiers pour résoudre certains problèmes à la base et a aussi fait savoir que certains pays d’Afrique, comme le Ghana et le Mali, ont inclus les valeurs culturelles dans leur gouvernance.

« Beaucoup de problèmes pouvaient être résolus au niveau de la base si on avait des tribunaux coutumiers. Nous allons les rétablir. Il faut que les chefs des groupements, les chefs coutumiers finissent les problèmes à leurs niveaux », a dit le directeur de Cabinet du chef de l’État annonçant une grande réforme du secteur judiciaire.

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