RDC-Ituri : les rebelles ADF en fuite vers Mambasa sous la pression des armées congolaise et ougandaise

Les rebelles ADF, traqués par les opérations conjointes des armées congolaise et ougandaise dans le territoire d’Irumu, progressent vers la forêt de Mambasa. Ce déplacement entraîne des mouvements de populations et une paralysie des activités agricoles, comme l’ont rapporté les acteurs de la société civile locale ce lundi 22 juillet.

Les rebelles, fuyant la pression militaire dans la chefferie de Walesse Vonkutu, tentent de se réinstaller dans le territoire voisin de Mambasa. Vendredi, un groupe d’ADF a été aperçu par la population traversant la route Lolwa-Mungamba aux environs de 17 heures, provoquant un déplacement massif des habitants de plusieurs villages de la zone.

Les activités agricoles sont presque totalement paralysées, les habitants redoutant de tomber dans les embuscades tendues par les rebelles. L’ONG Convention pour le respect des droits de l’homme exprime sa vive inquiétude face à cette progression des ADF loin des frontières avec l’Ouganda et en direction de l’intérieur du pays, entraînant des déplacements incessants de la population.

L’ONG appelle le gouvernement à déployer l’armée pour contrer ce groupe armé avant qu’il n’atteigne Mambasa et à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour les démanteler.

« Il faut revoir les accords signés avec l’Ouganda concernant ces opérations conjointes FARDC-UPDF. Il est également essentiel de trouver des moyens pour stopper les ADF et réorganiser notre armée afin de mettre fin à cette guerre imposée par les rebelles », a déclaré Christophe Munyanderu, coordonnateur de l’ONG Convention pour le respect des droits de l’homme.

En débandade, les rebelles ADF opèrent désormais en petits groupes dans diverses localités des territoires d’Irumu et de Mambasa, compliquant davantage la situation sécuritaire dans la région.

Insécurité en Ituri : « Les acteurs de sécurité doivent faire en sorte qu’on puisse arrêter l’exploitation illicite de l’or » (Député Pitchou Mbodina)

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Pitchou Mbodina Iribi

Regain de l’insécurité en province de l’Ituri, le député national Pitchou Mbodina Iribi sollicite des autorités provinciales la suspension de l’exploitation minière dans le territoire de Djugu pour pacifier cette zone où « les groupes armés disputent le contrôle des carrés miniers ».

Après des récentes opérations militaires, ces miliciens se seraient réfugiés dans des carrés miniers dans le secteur de Banyali Kilo.

À peine arrivé à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans le cadre de ses vacances parlementaires, cet élu de la circonscription électorale d’Irumu estime que cette suspension des activités minières réduira le circuit de financement de ces groupes armés qui, à travers l’or exploité illicitement, s’enrichissent au détriment du Trésor public et, par ricochet, s’autofinancent.

« Les acteurs de sécurité doivent faire en sorte qu’on puisse arrêter l’exploitation illicite de l’or”, disait à nos confrères de la Radio Télévision Mont Bleu, M. Iribi qui plaide aussi pour la continuité de la pression militaire débutée depuis le 30 juin dernier dans le secteur de Banyali Kilo.


Pitchou Mbodina Iribi

Le dialogue, pilier important pour le retour de la paix ?

Pitchou Mbodina Iribi reste optimiste que le dialogue demeure l’une des solutions clés pour faire sortir l’Ituri des gouffres de la guerre orchestrée d’un côté par les milices locales et de l’autre, par des étrangers, notamment les ADF au sud des territoires d’Irumu et de Mambasa.

Il propose, quant à ce, un second dialogue entre groupes armés locaux comme celui tenu à Aru en juin 2023. Ce deuxième pourparler permettra, selon lui, aux milices de se rapprocher les unes envers les autres, une manière tant soit peu de se familiariser à nouveau, croit Pitchou Iribi.

« Quand on va arrêter cette exploitation, cela va permettre d’amorcer une forme de dialogue, une forme de rencontre, de pourparlers intergroupes armés, comme c’était à Aru par exemple. Ce n’est pas impossible que ces mêmes miliciens se rencontrent encore entre eux, qu’ils posent le jalon d’un rapprochement”, insiste-t-il.

Le secteur de Banyali Kilo situé au nord de Bunia dans le territoire de Djugu est l’entité qui reste la plus menacée, à ce jour, par des groupes armés. Il y a peu, le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant général Luboya N’kashama Jonnhy, attribuait le regain de l’insécurité dans cette partie au contrôle des carrés miniers que ces groupes armés se disputent entre eux.

L’autorité provinciale s’est même montrée favorable à ce que « ces miliciens restent dans les carrés miniers » mais sans armes. Luboya estimait que cette exploitation « est la seule issue » pour ces détenteurs illégaux d’armes « en attendant le P-DDRCS qui ne fonctionne pas »

 

Radio Okapi/Provinces26rdc.com

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