La région de Bambo, abandonnée par les rebelles du M23 dans la chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), sombre dans l’insécurité. Plusieurs attaques et vols armés, des pillages et autres exactions ont récemment été enregistrés dans différents villages. Et la population ne sait plus où trouver refuge, a rapporté samedi 20 juillet un notable de la région.
Il s’observe « un vide sécuritaire » dans cette zone, fait remarquer Isaac Kibira, un notable du coin, ce qui laisse l’occasion aux bandits armés de commettre leurs forfaits:
« Pendant les heures vespérales, la population est surprise par les incursions des hommes en arme. Des cas des vols sont signalés, ils font du porte-à-porte. Cela inquiète l’ensemble de la population, la population manque où aller. La population de Bambo traverse un moment difficile et n’a aucun service de sécurité pour la sécuriser ».
Selon lui, les rebelles du M23 se trouvent au niveau de Kishishe à plus ou moins 8 kilomètres et les combattants Wazalendo sont éloignés dans la brousse. Alors, les bandits profitent de l’occasion pour faire des incursions dans cette agglomération.
« Nous avons peur comme quoi, dans ces villages, il y aura encore des tueries et l’abandon de ces villages par leurs habitants pour se retrouver ailleurs« , redoute Isaac Kibira.
Il remercie par la même occasion le CICR, qui a pu assister et soulager la souffrance de la population. Il demande à d’autres organisations humanitaires de se rendre dans la zone de Bwito, affectée par la crise humanitaire.
Insécurité grandissante dans l’Est : un élu de Goma propose que le Nord-Kivu soit déclarée « province sinistrée »

Plusieurs territoires de la province du Nord-Kivu sont sous occupation du M23, avec le soutien du régime de Paul Kagame, causant ainsi, la rareté des denrées alimentaires, la fermeture des routes de desserte agricole, la multiplicité des taxes ainsi que la dégradation de la situation économique dans cette partie de la République, en proie à l’insécurité.
Contacté à ce sujet par la rédaction de Média Congo Press, le député national Mwana Puwa, élu de Goma, s’est indigné de l’occupation de différents territoires de la province du Nord-Kivu par les rebelles du M23, dont la présence a occasionné plus d’insécurité mais aussi la fermeture des axes qui approvisionaient la ville de Goma.
« Nous sommes d’abord indignés de voir comment les territoires du Nord-Kivu sont en train d’être occupés par les terroristes du M23, avec le soutien du Rwanda, de l’Ouganda et d’autres puissances étrangères. Ici, je demande aux autorités de renforcer la sécurité de la ville, car les gens sont entrain de mourir à tout moment et personne n’a plus l’espoir de vivre », a dit l’elu de Goma.
Cet élu du peuple a fait savoir que la ville de Goma est presque encerclée par les terroristes du M23.
« D’abord, à l’Est de la ville, c’est la frontière avec le Rwanda, un pays agresseur, au Nord c’est le territoire de Nyiragongo dont une partie occupée par le M23, à l’Ouest c’est la cité de Saké dont les périphéries sont occupées par les rebelles et au Sud c’est le Lac. La population veut survivre et ne s’attend qu’à une solution », a-t-il fait savoir.
Le député Mwana Puwa propose que le Nord-Kivu, soit déclarée, une province sinistrée. « Notre gouvernement devrait soutenir la population en allégeant, par exemple les taxes ou en décrétant le Nord-Kivu, une province sinistrée. Ceci va permettre de mobiliser les fonds sur l’échelle mondiale afin de venir en aide aux déplacés de guerre et pourquoi pas à toute la population du Nord-Kivu, victime de l’insécurité », a-t-il proposé
Selon l’élu de Goma, les opérations économiques ne marchent plus normalement. Les routes Goma-Butembo et Goma-Masisi sont fermées respectivement depuis plus de deux ans plus d’une année.
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