Emmanuel Macron conclut sa visite en Asie à Singapour ce vendredi 30 mai. Après des échanges bilatéraux avec le dirigeant de la cité-État, le dirigeant français va prononcer le discours d’ouverture du dialogue de Shangri-La. Il s’agit de la grand-messe sur les questions de défense et de sécurité en Asie, qui réunit la plupart des ministres des Armées de la région, à l’exception notable de la Chine cette année.
Alors qu’il poursuit sa tournée en Asie du Sud-Est, le président français a déclaré, vendredi 30 mai, que la reconnaissance d’un État palestinien n’était « pas simplement un devoir moral, mais une exigence politique », tout en énumérant plusieurs conditions pour franchir le pas.
Emmanuel Macron a aussi affirmé que les Européens devaient « durcir la position collective » contre Israël « s’il n’y a pas une réponse qui est à la hauteur de la situation humanitaire qui est apportée dans les prochaines heures et les prochains jours » dans la bande de Gaza.
Quant à la guerre en Ukraine, si la Russie « confirme » qu’elle « n’est pas prête à faire la paix », Washington doit confirmer son « engagement » à sanctionner Moscou, a également déclaré le président français lors d’une conférence de presse, soulignant que « c’est un test de crédibilité pour les Américains ». Une déclaration qui intervient alors que le président doit s’exprimer ce vendredi soir devant les ministres de la Défense des pays de la région au dialogue de Shangri-La à Singapour, et les États-Unis.
Le ministre chinois de la Défense absent de Shangri-La
Toutefois, cette année, le dialogue de Shangri-La, qui est une opportunité pour une discussion entre deux des armées les plus puissantes de la planète, se tiendra sans la Chine. Pour la première fois depuis 2019, elle n’enverra pas son ministre de la Défense, contrairement à son homologue américain, dont le discours de samedi matin est très attendu alors qu’une incertitude plane sur la politique sécuritaire américaine en Asie.
Cette absence empêche une rencontre directe entre les deux puissances, à un moment où les tensions restent vives malgré une trêve tarifaire conclue ce mois-ci. Officiellement, Pékin dit rester ouvert au dialogue militaire « à différents niveaux », mais le geste est perçu comme une prise de distance stratégique, rapporte notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst.
Plusieurs raisons pourraient expliquer ce choix. D’abord, la relation sino-américaine se tend à nouveau : Washington a annoncé des restrictions de visas pour les étudiants chinois et des limitations sur l’exportation de technologies sensibles, comme les puces et moteurs d’avion. L’autre élément est la situation interne. Dong Jun a été nommé en 2023 en pleine purge anticorruption et n’a pas été intégré à la puissante Commission militaire centrale, un signe de poids politique limité. Enfin, Pékin mise désormais sur son propre forum, le Xiangshan, jugé plus favorable que le Shangri-La qui est souvent perçu comme trop critique sur des sujets sensibles comme Taïwan ou la mer de Chine.
Plutôt que de relancer un dialogue précipité avec Washington, la Chine mise donc plutôt sur le long terme : renforcer ses alliances hors du bloc occidental, développer de nouveaux marchés, et sécuriser ses propres chaînes d’approvisionnement.
Le Shangri-La, rendez-vous clé
Créé par l’Institut international d’études stratégiques britannique, Shangri-La s’est imposé comme un rendez-vous clé, en Asie et au-delà. L’année dernière, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait effectué une visite surprise pour tenter de mobiliser autour de sa cause. De la guerre avec la Russie, il sera sûrement à nouveau question cette année, rappelle notre envoyé spécial à Singapour, Nicolas Rocca.
Depuis son arrivée en Asie du Sud-Est, Emmanuel Macron n’a cessé d’essayer de dresser un parallèle entre le conflit en Europe et les points de tension en Asie comme la Corée du Nord qui envoie ses hommes en Ukraine, les tensions en mer de Chine méridionale ou encore une possible future invasion de Taïwan par Xi Jinping.
rfi / Provinces26rdc.com
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