La formulation des propositions idoines pour renforcer la gouvernance provinciale en République démocratique du Congo a été recommandée aux participants à l’atelier sur les mécanismes de fonctionnement et de stabilisation des institutions provinciales à Kinshasa, par le vice-Premier ministre de l’Intérieur.

«Je vous invite au cours de cet atelier à échanger dans un climat d’entente et de respect mutuel (…) de formuler des propositions idoines pour le renforcement de la gouvernance provinciale, de définir les mécanismes de stabilisation des institutions provinciales, en considérant les enjeux politiques, sécuritaires ainsi que tous les autres impératifs», a déclaré Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre de l’Intérieur et sécurité.
Aussi, il a appelé les participants à l’atelier, notamment les gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces, des membres des bureaux des Assemblées provinciales et d’autres, à identifier objectivement les causes majeures des crises récurrentes entre les Assemblées provinciales et les exécutifs provinciaux, à définir une stratégie d’action et un chronogramme de mise en œuvre.
Jacquemain Shabani a précisé que ces assises revêtent d’une importance particulière en cette période où, principalement, les forces de défense et de sécurité, avec l’appui du peuple, assurent la défense de la patrie et l’intégrité territoriale dans la partie Est de la RDC, encore sous occupation de l’armée rwandaise et de ses supplétifs de l’«AFC/M23».
Le vice-Premier ministre de l’Intérieur a déploré que depuis la réforme de l’organisation politique, administrative et territoriale de la RDC, nonobstant les efforts louables qui sont déployés à tous les échelons de responsabilité du pays, le but de développement à la base est loin d’être atteint.
«Au contraire, il se constate une déstabilisation endémique des institutions provinciales caractérisée par la recrudescence des tensions entre les Assemblées provinciales et les exécutifs provinciaux», a-t-il fait savoir.
M. Shabani a rappelé que c’est dans le but, d’une part, de consolider l’unité mise à mal par les guerres successives et, d’autre part, de créer des centres d’impulsion et de développement à la base que le constituant a consacré administrativement l’État congolais en 25 provinces plus la ville de Kinshasa, dotées de la personnalité juridique en exerçant les compétences de proximité, par un gouvernement provincial et une assemblée provinciale.
«Fort malheureusement, depuis quelques années, nous observons des crises récurrentes entre les deux institutions provinciales, entraînant le ralentissement, si pas le frein, du développement socio-économique des provinces et la résurgence des conflits communautaires, des conflits du pouvoir coutumier et des limites administratives entre entités», a dit le vice-Premier ministre.
Il a fait savoir que ces tensions se matérialisent très souvent par une multiplication des motions de défiance et de censure contre les gouverneurs, vice-gouverneurs et parfois même contre les membres des bureaux des assemblées provinciales.
«Si ces motions sont des instruments démocratiques légitimes prévues par notre Constitution et nos lois, leur usage abusif ou systématique entraîne une instabilité chronique, bloque l’action publique et prive nos populations de bénéficier du développement très attendu», a-t-il martelé.

La stabilité politique des provinces, vœu du Chef de l’Etat
«Au cours de la 44ème réunion ordinaire du conseil des ministres, le Président de la République a clairement, encore une fois, exprimé sa volonté de voir les provinces retrouver la stabilité politique indispensable pour exécuter les programmes de développement et contribuer à la cohésion sociale, très indispensable, surtout en cette période cruciale et existentielle que traverse notre nation, la République démocratique du Congo», a indiqué Jacquemain Shabani.
«Ce que le Président de la République et l’ensemble de notre peuple attendent de nous est clair, très clair : assurer la stabilité institutionnelle dans les provinces (…) ; renforcer la collaboration harmonieuse entre les gouvernorats et les assemblées provinciales (…) concentrer nos énergies sur le développement (…) soutenir la production agricole et la sécurité alimentaire, promouvoir l’emploi des jeunes et l’autonomisation de la femme (…) améliorer les conditions de vie de nos populations, car c’est la finalité de toute action publique», a insisté le vice-Premier ministre de l’Intérieur et sécurité.
Les travaux de cet atelier se poursuivront mercredi 03 septembre 2025 et devraient aboutir à des engagements collectifs, matérialisés par un chronogramme de mise en œuvre, afin d’assurer la stabilité institutionnelle, condition essentielle de la paix et du progrès dans toutes les provinces.
ACP/Provinces26rdc.com
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