Le ministre des droits humains, Samuel Mbemba, a invité vendredi la diaspora congolaise à se joindre au combat pour la reconnaissance internationale du génocide commis en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une conférence sur la situation humanitaire dans les villes de Goma et Bukavu, occupées par les M23-AFC.
«Nous avons une résolution au niveau international, mais cela ne suffit pas. Il faut qu’au niveau du Conseil des droits de l’homme, de l’Assemblée générale des Nations Unies et de la Cour internationale de Justice, le génocide congolais soit reconnu. C’est un combat important qui nécessite que chacun de nous mette la main à la pâte. Donc, le Congolais à l’étranger et l’élite congolaise sont appelés à se pencher sur le Congo», a déclaré Samuel Mbemba, rappelant que, si le génocide arménien, juif et rwandais ont été reconnus, le génocide congolais devrait être doté du même statut juridique.
Le ministre a rappelé que le droit international distingue trois grands crimes: crime de guerre, crime contre l’humanité et crime de génocide, dénonçant le fait que, malgré la participation avérée du Rwanda dans les atrocités commises dans l’Est de la RDC, la communauté internationale se limite souvent à qualifier les faits de «crimes de guerre» ou «crimes contre l’humanité», sans jamais prononcer le mot «génocide», alors que la cible est clairement une population civile visée systématiquement pour être exterminée en tout ou en partie.
«En RDC, il n’y a pas eu un seul génocide, mais il y a eu plusieurs génocides. Quand une population est visée, une localité est visée, un peuple est visé de manière systématique et programmée avec l’intention d’être exterminé en totalité ou en partie, cela s’appelle un génocide», a-t-il dit.
Prise en otage de 30.000 exploitants artisanaux à Rubaya
Prenant l’exemple de la cité de Rubaya, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu (est de la RDC), le ministre a révélé la présence claire de militaires rwandais.
«À Rubaya, les rapports reçus des lieux indiquent que les forces rwandaises, avec leur sécurité de M23-AFC, ont pris en otage 30.000 exploitants artisanaux, auxquels ils exigent une production individuelle journalière d’au moins 3 kilos», a-t-il dit.
«Si chaque individu doit produire au moins 3 kilos, vous multipliez 3 kilos par 30.000 personnes par jour, et vous multipliez par 365 jours. À 70 dollars le kilo de coltan, vous arrivez à 2 milliards de dollars rien que pour Rubaya», a chiffré le ministre Mbemba illustrant l’ampleur du pillage.
«La cause de cette guerre, ce sont les minerais de la RDC. Qu’on ne vous dise rien. Qu’on ne vienne pas vous parler des causes profondes», a-t-il conclu.
ACP/Provinces26rdc.com
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