À l’issue d’une réunion en visioconférence organisée par Londres jeudi 2 avril, plus de 40 pays ont appelé à une réouverture immédiate du détroit d’Ormuz. Pour plusieurs d’entre eux, une mission de sécurisation du passage ne pourra s’envisager qu’une fois le conflit terminé.
« Une sorte de résistance », titre Die Zeit. Jeudi 2 avril, Yvette Cooper, la ministre britannique des Affaires étrangères, a convié ses homologues de plus de 40 pays ainsi que des représentants d’organisations internationales comme l’Union européenne à une première discussion exploratoire sur le détroit d’Ormuz. Ce dernier, par où transite habituellement un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial, est actuellement bloqué par l’Iran en raison des frappes israélo-américaines sur le pays.
« Quelque 2 000 navires marchands et près de 20 000 marins restent bloqués par le blocus iranien », détaille El País. « Soulignant l’importance du détroit, [Yvette] Cooper a fait référence aux prévisions de la Banque mondiale selon lesquelles un blocage persistant pourrait plonger 9 millions de personnes dans le monde dans l’insécurité alimentaire », écrit The Guardian.
« Nous avons constaté que l’Iran a détourné une voie maritime internationale pour prendre en otage l’économie mondiale », a déclaré la ministre en ouverture de la réunion [The Telegraph]. Organisés « à distance, sans les États-Unis, sans Israël et bien sûr sans l’Iran », ces échanges ont réuni surtout « des pays qui ne sont pas impliqués dans la guerre mais qui en subissent les effets » [Radio France] comme « la France, l’Allemagne, l’Australie et certains pays du Golfe », note The Guardian.
La coalition poursuit ses travaux
Cette réunion s’inscrit dans un contexte tout particulier. Elle se tient « après que le président américain Donald Trump a clairement indiqué que, selon lui, la sécurisation de cette voie maritime n’était pas de la responsabilité des États-Unis », rappelle The Telegraph. Le milliardaire « a également critiqué les alliés européens de l’Amérique pour leur manque de soutien à la guerre et a réitéré ses menaces de retirer les États-Unis de l’Otan », ajoute le quotidien britannique.
Toutefois, « nombre de pays membres de l’initiative lancée mi-mars par le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et le Japon, ont insisté sur le fait qu’une mission de sécurisation du détroit ne pourrait s’envisager qu’une fois le conflit terminé », retrace La République des Pyrénées. S’exprimant jeudi depuis la Corée du Sud, le président français Emmanuel Macron a notamment jugé « irréaliste » la prise de contrôle militaire du détroit [Reuters].
Les partenaires prévoient de se retrouver prochainement. « Le gouvernement britannique a déjà indiqué qu’après la réunion de jeudi, une autre réunion réunira dans une semaine des représentants militaires des pays participants, afin de commencer à planifier la stratégie de sécurité dans le détroit, une fois que l’Iran aura cessé ses attaques et qu’un cessez-le-feu sera instauré dans la région », explique El Pais. En outre, « le G7 et les pays membres du Conseil de coopération du Golfe vont organiser une réunion la semaine prochaine pour discuter de la situation dans le détroit d’Ormuz, a annoncé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux »
Une réunion de crise sans conclusion précise
Si le rendez-vous « peut sans conteste être interprété comme une réunion de crise » [Die Zeit], il « a été principalement consacré à l’évaluation de la situation et au resserrement des rangs, plutôt qu’à la prise de décisions opérationnelles. Aucune déclaration commune n’a été publiée », poursuit Euronews.
« Les partenaires ont appelé aujourd’hui à la réouverture immédiate et inconditionnelle du détroit et au respect des principes fondamentaux de la liberté de navigation et du droit de la mer », a déclaré la ministre dans un communiqué [La République des Pyrénées]. Celui-ci précise qu’ils ont commencé à « explorer des mesures politiques et économiques coordonnées, telles que d’éventuelles sanctions contre l’Iran, si le détroit reste bloqué », complète El País.
« Il est urgent de rétablir la liberté de navigation dans le détroit, en toute sécurité et sans frais, dans le respect du droit de la mer », a déclaré de son côté la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas avant l’appel. « L’UE soutient tous les efforts diplomatiques déployés à cette fin »
Toute l’Europe/Provinces26rdc.com
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