Des instructions ont été données à des membres du Gouvernement de la République démocratique du Congo, de mettre en place, avec le concours de leur collègue des Mines, un dispositif opérationnel et coercitif de lutte contre l’exploitation minière illicite, d’ après le compte rendu, du 87e Conseil des ministres, lu vendredi à la télévision nationale.
« Afin de renforcer cette dynamique et d’assurer une réponse à la hauteur des enjeux, le Président de la République a instruit le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, la ministre de l’Environnement, de se joindre pleinement aux efforts du ministre de Mines , en vue de la mise en place d’un dispositif opérationnel et coercitif de lutte contre l’exploitation minière illicite« , a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias.
Ce dispositif , a- t- il indiqué, « devrait intégrer la saisie systématique des engins utilisés dans ces exploitations illégales, la traçabilité et la sécurisation des sites concernés, l’identification, la poursuite judiciaire et la sanction, sans complaisance, de tous les auteurs, co-auteurs, complices et de leurs réseaux de soutien, ainsi que la redistribution, dans un cadre légal et transparent, des équipements saisis au profit des structures congolaises qualifiées, engagées dans une exploitation responsable et conforme aux normes environnementales et sociales« .
Le Président de la République, a indiqué le ministre Muyaya, est revenu avec la plus grande fermeté sur la nécessité de renforcer la gouvernance du secteur extractif et de mettre un terme définitif aux pratiques qui en compromettent gravement les retombées au profit de la Nation.
Il a cet égard salué l’initiative du ministre des Mines, qui a déjà mis en place une commission mixte associant les autorités provinciales, l’administration minière ainsi que le force des défenses et de sécurité, en vue d’identifier les responsabilités, de proposer des mesures correctives appropriées.
Le Chef de l’Etat a déclaré avoir été saisi des informations concordantes faisant état des développements préoccupants d’une exploitation minière anarchique et cavalière dans certaines parties du territoire national, notamment dans les territoires de Aru et des Mahagi en province de l’Ituri, ainsi que dans les provinces du Bas-Uele et du Maniema, menées en marge de tout cadre légal et réglementaire.
Ces activités se caractérisent par des atteintes graves à la dignité humaine, au respect de l’environnement et à l’autorité de l’État, à travers notamment la profanation des sépultures avec exhumation des restes humains, la destruction des terres agricoles, la pollution des nappes aquifères par l’usage de substances toxiques.
» Au-delà de ces violations, il s’agit d’une véritable spoliation organisée des ressources naturelles opérées à grande échelle au moyen d’engins lourds pour l’extraction de l’or et d’autres minerais stratégiques pour des valeurs se chiffrant en milliards de dollars annuels, sans bénéfice pour les trésors publics ni pour les communautés locales« , a fait savoir Félix Tshisekedi cité par le ministre de la Communication et médias.
« Pour le Président de la République, cette situation est inacceptable tant qu’elle porte atteinte à notre souveraineté économique, compromet la soutenabilité de notre environnement et fragilise la cohésion sociale dans les zones concernées« , a rapporté le porte-parole du Gouvernement.
Par ailleurs, le ministre de Mines a été invité à soumettre dans les meilleurs délais des propositions concrètes visant à doter l’inspection générale de mines de moyens humains, techniques et financiers nécessaires à l’accomplissement efficace de sa mission.
ACP/Provinces26rdc.com
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