Le mythique stade de France dans la banlieue parisienne a été enflammé par le chanteur Fally Ipupa, ambassadeur de la musique de la République démocratique du Congo (RDC), lors de son double spectacle livré samedi et dimanche, devant environ 80 milles spectateurs cosmopolites.
« Merci d’être là ce soir(…). C’est grâce à vous que je suis arrivé ici. C’est l’Afrique qui gagne ! Toute ma gratitude à la RDC. Je vous love (je vous aime). Vraiment je suis fière de vous. ‘‘Eh ! ‘‘Bord oyo etondi’’ (ce stade est rempli). Nous continuons la fête, C’est comme dans un film. Merci », a déclaré Fally Ipupa, dans ses premiers mots, sur le podium, enchaînant une série de mélopées emportant la foule.
« C’est une question d’organisation et du professionnalisme», a soutenu Fally baptisé « Aigle » de la musique africaine.
Au-delà du style de musique, sélection des chansons dans le répertoire, orchestration, choix des invités, qualité du spectacle et structure des lumières et configuration du podium, le premier jour de l’évènement a été sanctionné par une décoration en couronne extraordinaire de Fally par sa fille biologique.
Fally Ipupa couronné par sa lignée

Ce geste a marqué les esprits de mélomanes dont les interprétations sont allées dans tous les sens, à la fin du spectacle.
« Au-delà du concert, j’ai assisté à une liturgie. Au Stade de France, nous n’avons pas seulement vu une star, mais un homme couronné par sa propre lignée. Ce geste dépasse le spectacle : En recevant cette couronne au sommet du crâne (le chakra coronal), Fally Ipupa scelle 20 ans d’ascension. C’est l’alignement parfait entre le travail terrestre et le destin spirituel. L’Aigle ne survole pas seulement les sommets, il voit l’invisible. Cette couronne vient sceller sa maîtrise des éléments », a laissé entendre Princilia Ngakosso, mélomane congolaise de Brazzaville, au terme du spectacle.
« Ce n’est plus une question de ventes de disques, du succès c’est une question de trace indélébile dans l’inconscient collectif de notre culture. L’Égrégore (….). La couronne ne brille pas seulement pour l’or, mais pour la lumière d’un héritage désormais immortel. Certains y voient du spectacle, d’autres y voient un accomplissement sacré. Le Roi est couronné, et avec lui, toute une lignée est honorée », s’est-elle-dit.
Événement historique et mémorable

Trois dimensions spectaculaires et mémorables ont marqué le passage du chanteur congolais dans ce prestigieux temple omnisport français où il a célébré ses 20 ans de carrière musicale en solo avec ses adulateurs
La première dimension a été consacrée à son apparition scénique sur une estrade hyper décorée avec une configuration architecturale magistrale par un design et une structure lumière dorée.
« Un tel dispositif de feux d’artifice et décorations dorées illumine le podium ! C’est du jamais vu ! Il faut être Fally pour penser une telle scénographique structurée avec des effets spéciaux, lumières et diverses couleurs combinées à l’intelligence artificielle », s’est impressionné Jonathan Bilari, opérateur culturel venu de Kinshasa.
Les chansons « Azmak », ‘‘Juste une danse’’, ‘’Associé’’ ‘‘Amoré’’, ‘‘De la Renta’’ et ‘‘Canne à sucre’’, ont constitué la première partie du répertoire varié mêlant des anciens tubes qui ont permis à l’artiste de construire sa carrière.
« Rétroprojecteur synchronisé avec image du chanteur par deux écrans géants (…) sur un podium à deux niveaux. C’est une innovation créative spectaculaire aux yeux du public. (…) Discipline et synchronisation entre le chœur des musiciens, lead vocal de Fally et l’orchestration, c’est vraiment impressionnant », a fait remarquer Claver Nakebadio, scénographe et régisseur professionnel congolais.
Par ailleurs, « Esengo », un titre autobiographique par lequel la star raconte sa trajectoire musicale a mis en ébullition des milliers de spectateurs au stade.
Autre temps a été aussi constaté par l’exécution de la chanson ‘‘Mal accompagnée’’ (album ‘‘Formule 7’’) dont l’orchestration a été assurée par les instrumentistes blancs avec des violons, contrebasse, tambours sur scène.
Des stars africaines mises en valeur au stade de France

La deuxième dimension de cet évènement a été réservée aux autres musiciens invités africains, américains et européens. Fally les a mis en valeur en partageant la scène avec chacun. Ils ont interprété quelques morceaux des chansons travaillées en collaboration dans ses différents opus.
Avec le célèbre sénégalais Youssou N’dour, ils ont exécuté la chanson ‘‘Migrant de rêve’’, un featuring réalisé ensemble dans l’album ‘‘Tokoss 1 ’’.
« Fally a choisi le bon moment pour ses invités. Le chanteur nigérian, Wizkid, le franco-congolais SDM, Matt Pokora, le rappeur franco-congolais Guy 2 Bezbar, Franco-Haïtien, Joé Dwet Filé, Théodora et Youssou N’dour, sont les figures qui contrôlent la scène musicale ici en Europe. Ils font partie de la génération qui fait bouger aujourd’hui la musique africaine. C’est ce qui fait que le public chante avec eux. Donc, le casting des invités était bien mesuré, selon moi », a analysé François Olivier ‘‘Oliverman’’ Mpuka, professionnel du rap congolais en France.
Exhibition de la richesse culturelle du Congo
La troisième dimension de la performance artistique du chanteur congolais a été dédiée aux chansons génériques (musiques d’animations) telles que ‘‘Droit chemin’’. Fally ‘’Dicap la Merveille’’ a tenu en haleine l’assistance, en exécutant « 207 », un autre titre populaire réalisé avec le concours du chanteur traditionnel Congolais René Lokwa Soso Pembe.
Une ambiance euphorique a caractérisé cet évènement qui a réuni le monde autour de l’Ambassadeur de la culture. Enfants, jeunes et vieux, venus de toute l’Europe, de l’Amérique, de l’Afrique dont certains sont venus en famille pour soutenir Fally , le tout premier artiste congolais à avoir porté très haut le drapeau congolais au Stade de France.
ACP/Provinces26rdc.com
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