Sanctions : la faute à qui ?

Les tenèbres ne régneront pas toujours. Au propre comme au figuré, le Président de la République, Félix Tshisekedi, ne croyait pas si bien dire.

L’axiome, d’une puissance spirituelle inédite, ne traduit pas seulement la foi, mais aussi et surtout l’engagement du Chef de l’Etat à sortir la République démocratique du Congo du paradigme négatif qui l’a longtemps plongé et maintenu dans des décennies d’obscurantisme et de dégénerescence.

La semaine dernière a marqué le tournant, lorsque le Trésor américain a déployé une batterie de sanctions contre l’ancien Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila Kabange.

De nombreux d’observateurs se sont attardés, sans doute avec raison, sur l’aspect financier, comparativement à sa fortune, évaluée en milliards de dollars américains, selon l’ex vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba.

D’aucuns s’en sont félicités, tandis que d’autres se sont interrogés sur la portée réelle et l’applicabilité de ces sanctions.

Mais à vrai dire, la sanction la plus terrible se situe au niveau moral.

L’ex-président Kabila a en effet fini par perdre toutes les ressources dont il pouvait se prévaloir. Au-delà de la polémique, c’est en effet la première puissance mondiale qui définit aujourd’hui le crime et s’engage à poursuivre le délinquant jusque dans ses derniers retranchements.

Quand c’est le juge mondial qui prononce la sentence, bonne ou mauvaise – c’est selon – on ne voit pas devant quelle autre juridiction planétaire le « criminel » irait porter plainte et se faire entendre. Quand tombent les exceptions, quand les avocats se précipitent pour enlever leurs toges et que les témoins expriment publiquement leurs doutes, que reste-t-il d’autre à « l’accusé » que de plaider coupable pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être? Que lui reste-t-il comme ultime ligne de défense que le terrible constat qu’il a été abusé par ses propres compagnons qui n’ont pas eu assez de ressources morales pour lui avouer que ce qu’ils cherchaient en lui c’était ses milliards sonnants et trébuchants, et qu’aujourd’hui il n’a plus que le choix de laisser au monde et à ses enfants que l’héritage de la honte et le triste privilège de finir en « wanted » comme certains de ses illustres homologues !

Fallait-il fréquenter les universités buissonnières d’Afrique du sud pour se rendre à l’évidence que l’intelligence, on l’a ou on ne l’a pas. Que la justice des Nations se base sur la loi du plus fort. Que les Etats-Unis d’Amérique n’accorderont jamais à personne le bénéfice du privilège de se laisser distancer dans la course à la puissance mondiale quand celle-ci passe par l’accès à des minerais critiques et rares qui conditionnent l’industrie de l’avenir et construisent la puissance de demain à l’échelle de la planète?

Beaucoup n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. La « trompette » – sans jeu de mots – avait déjà sonné. Plusieurs ont refusé de se doter des oreilles pour entendre et des yeux pour voir.

D’abord la résolution 2073 du Conseil de sécurité en 2025, suivie de la 2088 en 2026. Il y a eu ensuite l’accord de Washington ainsi que tous les appels au Rwanda pour sortir ses troupes de l’Est congolais, avec comme seule réponse l’arrogance, alors que Washington reconfigurait la Monusco et y nommait son ancien ambassadeur à Kinshasa pour faire le « job » comme on dit.

L’heure de rendre compte est arrivée, quitte à écraser sans état d’âme aussi bien ceux qui troublent que les troubadours de service.

Contrairement à une sagesse souvent dévoyée, ce n’est pas Dieu, mais bien Satan qui aveugle ceux que son arrogance a réussi à entrainer sur la voie de la perdition. La faute à qui?

 


ACP / Provinces26rdc.com

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