Selon l’Organisation mondiale de la santé, trois personnes qui se trouvaient à bord du navire de croisière MV « Hondius », dans l’Atlantique, sont mortes, liés à un foyer d’infection à hantavirus. Le type de hantavirus détecté sur un des passagers de la croisière est celui des Andes, transmissible entre humains.
Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état, dimanche 3 mai, de trois morts liés à un foyer d’infection à hantavirus sur le navire de croisière MV Hondius, dans l’Atlantique, les interrogations se multiplient autour de cette maladie. Deux médecins spécialistes des maladies infectieuses sont d’ailleurs en route depuis les Pays-Bas pour se rendre à bord du bateau.
Trois personnes, – un couple de Néerlandais et une Allemande – qui ont voyagé à bord du MV Hondius sont mortes depuis le début de la croisière, selon l’OMS. Une personne est hospitalisée à Johannesburg, une autre à Zürich et trois cas suspects sont en cours d’évacuation. Le séquençage du virus est en cours en Afrique du Sud.
Que sont les hantavirus ?
Les hantavirus font partie des agents pathogènes pouvant provoquer des détresses respiratoires et cardiaques ainsi que des fièvres hémorragiques. En l’absence de vaccin comme de médicaments spécifiques contre les hantavirus, les traitements proposés consistent uniquement à soulager les symptômes.
Les hantavirus sont présents sur tous les continents et doivent leur nom à la rivière Hantaan, qui se situe à la frontière entre les deux Corées. Durant la guerre de Corée (1950-1953), plus de 3 000 soldats étaient tombés grièvement malades après avoir été infectés par ces virus, explique l’Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP) sur son site Internet. Environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus surviennent chaque année, principalement en Amérique du Nord et du Sud, selon le site de l’agence de la santé publique du Canada.
Il existe de nombreux types de hantavirus, qui se distinguent par leur répartition géographique et leur tableau clinique. Selon l’OFSP, « un seul type de virus, extrêmement rare, peut se transmettre d’un être humain à un autre », celui du type Andes, qui circule en Argentine et au Chili. C’est cet hantavirus qui pourrait être présent sur le navire MV Hondius, selon l’OMS., qui en a fait son « hypothèse de travail ».
Quels sont les modes de contamination ?
Les hantavirus se transmettent à l’être humain par l’intermédiaire de rongeurs sauvages infectés tels que des souris ou des rats, qui excrètent le virus par la salive, l’urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l’inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection.
« La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétions des animaux infectés (urines, déjections, salive), aux cours d’activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d’activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs », précise le site de l’Agence nationale de santé publique française. La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs et leurs excrétions.
A propos du foyer de contamination à hantavirus sur le navire de croisière, l’OMS suppose qu’un ou des premiers cas « ont été infectés en dehors du navire » par le virus et qu’il y a eu ensuite « une transmission interhumaine ». Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X mercredi qu’« à ce stade le risque global pour la santé publique demeure faible ».
Quels sont les symptômes ?
Lorsqu’ils affectent l’être humain, les hantavirus peuvent être responsables d’infections de gravité variable, parfois mortelles. Les premiers symptômes cliniques sont généralement ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires.
Les deux maladies les plus communes causées par une infection à hantavirus sont le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), que l’on retrouve sur le continent américain, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), que l’on retrouve surtout en Europe et en Asie.
Les types de virus que l’on trouve sur le continent américain peuvent ainsi entraîner des complications telles que des œdèmes pulmonaires et des syndromes de détresse respiratoire aiguë. Selon le site des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains, 38 % des personnes qui développent des symptômes respiratoires peuvent succomber à la maladie.
Le Monde / Provinces26rdc.com
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