Ce samedi 9mai 2026, l’ancien ministre d’État et ex-député Jean-Pierre Lisanga Bonganga a franchi un cap supplémentaire : défendre ouvertement une révision constitutionnelle présentée comme une urgence nationale, tout en recadrant une opposition accusée de « haine », de « déni » et d’« absence de discours cohérent ». Il n’a pas fallu attendre longtemps après la sortie médiatique de Félix Tshisekedi pour voir la machine politique se mettre en ordre de bataille.
Derrière les mots, le signal politique est clair : le pouvoir et ses relais veulent désormais installer le changement de Constitution comme l’axe central du débat public congolais.
Au cours d’un point de presse tenu à Kinshasa au nom du RCET-CPS (Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social), Jean-Pierre Lisanga Bonganga a assumé une ligne offensive.
Selon lui, la question constitutionnelle ne relève plus d’une hypothèse mais d’un processus déjà enclenché.
« Le débat sur le changement de Constitution est déjà lancé », a-t-il affirmé, en s’appuyant sur la proposition de loi référendaire portée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy.
Dans une mise en scène politique soigneusement calibrée, l’ancien ministre présente cette initiative parlementaire comme le point de départ institutionnel d’une nouvelle architecture de l’État. Objectif affiché : conduire la RDC vers une nouvelle Constitution à travers un référendum populaire.
Le schéma défendu par le RCET-CPS suit une mécanique précise : adoption d’une loi référendaire, promulgation présidentielle, convocation d’une Constituante, rédaction d’un nouveau texte fondamental puis soumission au peuple.
Mais derrière l’argument démocratique invoqué par les proches du pouvoir, une autre bataille se joue : celle du récit politique.
Face aux critiques, Lisanga Bonganga choisit la confrontation directe. Il accuse une partie de l’opposition de refuser le débat pour des raisons de positionnement politique et tente de renvoyer ses adversaires à une posture d’obstruction systématique.
Le discours marque aussi un tournant sécuritaire assumé. Pour justifier la nécessité d’un changement constitutionnel, le coordonnateur du RCET-CPS invoque la guerre dans l’Est, les violences armées et les risques de « balkanisation » du pays.
Selon lui, la Constitution actuelle ne permettrait plus de protéger efficacement la souveraineté nationale.
Cette rhétorique n’est pas anodine. Elle vise à transformer une réforme institutionnelle controversée en combat patriotique. En d’autres termes : faire du changement de Constitution non pas une ambition politique, mais une réponse existentielle à la crise congolaise.
Reste une question centrale : jusqu’où Félix Tshisekedi veut-il aller ?
Car en RDC, toute évocation d’une révision constitutionnelle ravive immédiatement les soupçons de concentration du pouvoir et les traumatismes des précédentes tentatives de verrouillage institutionnel. Le sujet demeure explosif dans un pays où les équilibres démocratiques restent fragiles.
Il sied de noter qu’en appelant le Parlement à adopter rapidement la loi sur le référendum, Jean-Pierre Lisanga Bonganga confirme toutefois une chose : le camp présidentiel ne cherche plus à tester l’opinion. Il prépare désormais le terrain politique et institutionnel d’un possible basculement constitutionnel.
Provinces26rdc.com
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