Le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga, a dressé ce mercredi 13 mai un tableau préoccupant de la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo. Lors d’une communication conjointe avec le Procureur général près cette institution, il a révélé plusieurs cas présumés de détournements, de gestion irrégulière des fonds publics ainsi que des pratiques qualifiées de « gestion de fait »
Dans son intervention, Jimmy Munganga a rappelé que la Cour des comptes entend désormais jouer pleinement son rôle constitutionnel de contrôle des finances publiques et la lutte contre l’impunité financière.
« La Cour des comptes réaffirme ainsi sa détermination à contribuer activement à la consolidation de l’État de droit financier, à la moralisation de la gestion publique ainsi qu’à la lutte contre l’impunité financière », a-t-il déclaré.
Des audits lancés dans plusieurs secteurs sensibles
Jimmy Munganga a annoncé le lancement d’un audit de la chaîne de la dépense publique afin de vérifier la coordination entre le ministère des Finances et celui du Budget dans l’exécution des dépenses de l’État.
« Cet audit nous permettra justement de nous assurer de l’harmonie recherchée entre les deux outils de gestion de la dépense publique », a-t-il expliqué.
La Cour des comptes a également lancé un audit sur les « restes à recouvrer » au sein de deux régies financières du pays, à savoir la Direction générale des impôts et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations.

À en croire le Premier président de la Cour des comptes, certaines pratiques observées « frisent la fraude », notamment l’accumulation de créances non recouvrées, exposant l’État à des pertes importantes de recettes.
Parmi les irrégularités relevées, le numéro un de la Cour des comptes a évoqué notamment des dépenses exécutées sans pièces justificatives régulières ainsi que des sorties de fonds non enregistrées dans les livres comptables officiels.
« Des opérations de sortie de fonds exécutées sur les comptes dédiés des ministères logés dans les banques commerciales n’ont pas été enregistrées dans les livres de caisse du comptable public », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que certains ordonnateurs recourent à « des tierces personnes intervenant en marge des circuits légaux de la dépense publique ».
Pour la Cour des comptes, ces pratiques pourraient constituer des cas de gestion de fait.
« Il n’existe ni immunité, ni privilège en matière de gestion de fait », a averti Jimmy Munganga.
Des gouverneurs déjà visés
La Cour des comptes indique être déjà saisie de plusieurs dossiers mettant en cause des autorités provinciales.
« À ce jour, la Cour des comptes est déjà saisie de plusieurs cas présumés de gestion de fait mettant notamment en cause les gouverneurs des provinces du Maniema, du Sud-Ubangi et du Kongo Central », a révélé le Premier président.
D’autres dénonciations visant des ministres et gouverneurs seraient également en cours d’examen au niveau du Parquet général et de la Cour des comptes.
S’agissant des entreprises publiques et établissements publics, la Cour des comptes affirme avoir engagé l’examen des états financiers déjà transmis, tout en menaçant de sanctions les responsables récalcitrants.
« La Cour des comptes continuera à appliquer les sanctions prévues par la loi avec toute la rigueur nécessaire, jusqu’à proposer la destitution des mandataires fautifs, défaillants ou incompétents », a prévenu Jimmy Munganga.
Par ailleurs, le Premier président de la Cour des comptes a indiqué que les entreprises du portefeuille de l’État ne doivent plus être « des foyers de contre-performance et de mauvaise gouvernance », mais plutôt des instruments de création de richesses et de soutien au développement national.
Actu30 / Provinces26rdc.com
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