Face aux critiques de l’opposition sur une supposée incohérence entre l’organisation d’un référendum et le report des élections après la sortie médiatique du président de la République, Germain Kambinga a apporté une lecture différente. Pour cet ancien ministre de l’Industrie, il ne s’agit pas de deux démarches comparables, mais de deux logiques distinctes adaptées au contexte sécuritaire actuel.
Dans une interview accordée, le mercredi 13 mai à Actu30.cd, il a indiqué que le référendum répond à la question du « quoi », c’est-à-dire l’organisation et la structuration de l’État à travers la Constitution, tandis que les élections répondent à la question du « qui », soit le choix des dirigeants.
« Ce n’est pas du tout contradictoire », insiste-t-il, soulignant que la Constitution constitue un cadre juridique qui s’impose à tous, contrairement à une élection qui repose sur l’adhésion populaire à des candidats.
Dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est du pays, Germain Kambinga estime qu’organiser des élections générales serait inapproprié, voire risqué.
Le Président du regroupement politique »Le Centre’ évoque notamment le rôle du Président de la République comme commandant suprême des forces armées, dont l’autorité ne saurait être fragilisée en pleine période de conflit.
À l’en croire, une campagne électorale pourrait diviser aussi bien la population que l’armée, au moment où la priorité reste la cohésion nationale face à la menace sécuritaire.
À l’inverse, il présente le référendum comme un instrument de mobilisation nationale. Une éventuelle révision constitutionnelle pourrait, selon lui, renforcer l’arsenal juridique contre les rébellions, criminaliser davantage les collaborations avec des forces étrangères et consolider le patriotisme. Il rappelle que plusieurs pays ont déjà révisé leur Constitution en période de crise ou de guerre pour adapter leur organisation interne.
Autre argument avancé : la faisabilité. Contrairement aux élections, qui nécessitent la présence de candidats et des campagnes sur toute l’étendue du territoire, le référendum limité à une réponse par « oui » ou « non » pourrait, selon lui, être organisé même dans les zones occupées grâce aux technologies numériques, notamment via un vote électronique.
Pour Germain Kambinga, loin d’être contradictoire, le recours au référendum apparaît comme une option adaptée au contexte actuel, contrairement aux élections générales qu’il juge inopportunes en période de guerre.
Actu30 / Provinces26rdc.com
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