RDC : Olenghankoy « Ni élections en temps de guerre, ni réforme constitutionnelle »

Le ton est ferme. Si la guerre dans l’est de la RDC empêche la tenue des élections en 2028, elle rend également impossible toute réforme constitutionnelle. Telle est la position de Joseph Olenghankoy, qui appelle à abandonner un débat constitutionnel qu’il juge désormais inutile et dangereux pour la cohésion nationale.

Dans sa thèse, le président du Conseil national de suivi de l’accord de Saint Sylvestre et du processus électoral (CNSA) s’appuie sur l’article 219 de la Constitution, qui interdit toute révision constitutionnelle en période de guerre, d’état d’urgence ou d’état de siège. De cette lecture, le chef de l’organe d’appui à la démocratie conclut que les discussions autour d’un changement ou d’une révision de la loi fondamentale « n’ont plus de raison d’être » tant que le conflit persiste dans l’est de la République.

Ainsi, Joseph Olenghankoy estime que cette réalité plonge progressivement le pays dans une impasse institutionnelle et politique. Le CNSA dénonce une situation de « ni guerre ni paix », marquée par la paralysie de l’État, les souffrances persistantes des populations et l’absence de perspectives claires de sortie de crise. « Il est nécessaire, urgent et vital de recourir à toutes les voies et à tous les moyens pacifiques susceptibles de parvenir à la paix, sans atermoiements funestes ni prétextes trompeurs et fallacieux. L’objectif doit, dorénavant, être, avant tout et en solidarité avec les populations meurtries de l’est », a-t-il conseillé.

Le patriarche met en garde sur les risques de fragmentation du pays. Pour lui, la prolongation de la guerre accentue le sentiment d’abandon ressenti par certaines populations des provinces orientales, déjà isolées du reste du territoire par la rupture des échanges commerciaux, bancaires et sociaux. Le sage dit ainsi craindre que cette accoutumance à la guerre finisse par banaliser le conflit et renforcer les fractures entre les Congolais. « Nous n’aurons plus qu’à observer et à regretter dans l’impuissance. Le CNSA insiste, par ailleurs, sur l’urgence d’abandonner ce débat constitutionnel inutile et clivant. A cet égard, il ne faut pas minimiser les menaces entendues çà et là au cas où, d’aventure, ce changement injustifiable de la loi fondamentale serait imposé », a-t-il averti.

Le leader des FONUS n’approuve pas la poursuite des campagnes publiques hostiles à la Constitution actuelle. Il déplore que certains animateurs des institutions, ministres ou mandataires publics participent à des marches et manifestations contre la loi fondamentale alors même que leurs fonctions reposent sur le même texte mère. De même, a-t-il fustigé, des mauvais citoyens ont impunément et publiquement déchiré la loi fondamentale sans être inquiétés.

Des discours discriminatoires 

Le chef du CNSA condamne la multiplication des discours discriminatoires et stigmatisants visant certaines communautés sur des bases ethniques, régionales ou politiques. Selon lui, ces comportements fragilisent davantage l’unité nationale dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et la crise sociale.

Au président Tshisekedi, Olenghankoy lui rappelle ses responsabilités constitutionnelles en tant que garant de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale. Il l’encourage à engager toutes les initiatives susceptibles d’écourter les souffrances des populations et de mettre un terme aux débats constitutionnels jugés « clivants » et « inopportuns ».

Par contre, le CNSA plaide, une fois de plus, pour un dialogue national, estimant que les grandes crises qu’a connues la RDC ont toujours trouvé des solutions à travers des mécanismes de concertation politique.


Ouragan / Provinces26rdc.com

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*