Entre Kinshasa et Luanda, une ambition de grande envergure prend désormais forme, avec la réalisation d’une infrastructure titanesque, longue d’environ1 450 kilomètres et appelée à devenir la plus imposante ligne de transmission électrique d’Afrique.
Cette architecture électrique transfrontalière ambitionne de transformer le potentiel hydraulique des deux nations en un puissant levier d’intégration , de croissance industrielle et de stabilité énergétique. Mandaté par le président Félix Tshisekedi, le ministre Aimé Sakombi Molendo s’est entretenu, le jeudi 14 mai 2026, avec le président angolais João Lourenço, au palais présidentiel de Luanda. C’est à l’issue de cette rencontre que le patron des Ressources hydrauliques et Électricité a annoncé le lancement de ce projet d’interconnexion appelé à redessiner la cartographie énergétique de l’Afrique centrale. La première ligne reliera la province angolaise de Malanje à Fungurume, cité minière stratégique située dans cuprifère du sud-est congolais.
Cette dorsale énergétique, évaluée à plusieurs centaines de millions de dollars, vise à consolider l’approvisionnement des zones industrielles, dont les besoins ne cessent de croître. La seconde connexion unira Soyo, dans la province angolaise du Zaïre, au site d’Inga, véritable joyau hydroélectrique congolais.
Selon les indications fournies par Aimé Sakombi Molendo, cette interconnexion permettra d’acheminer jusqu’à 2 000 mégawatts vers le territoire congolais. Les autorités des deux capitales tablent sur un délai d’environ dix-huit mois pour finaliser la première phase entre Soyo et Inga, sous réserve des études techniques préalables destinées à garantir la fiabilité ainsi que l’équilibre du futur réseau.
Dans cette dynamique, le rôle de Teddy Lwamba apparaît déterminant. Présent aux côtés du ministre lors des échanges
stratégiques à Luanda, le directeur général de la SNEL incarne l’ossature opérationnelle appelée à concrétiser cette vision énergétique continentale. Sa participation confirme l’ancrage central de l’entreprise publique congolaise dans la politique d’intégration régionale voulue par Kinshasa.

À travers une communication publiée sur le réseau social X, Teddy Lwamba a réaffirmé l’engagement total de la société nationale dans cette entreprise structurante. Le dirigeant y souligne notamment la volonté commune de bâtir durable, tournée vers la stabilité de la desserte électrique, le développement industriel régional ainsi que l’unité africaine autour des infrastructures stratégiques.
Cette orientation traduit une convergence d’intérêts économiques entre les deux États, résolus à ériger l’énergie en matrice de souveraineté et de transformation. La RDC vise en priorité la sécurisation de l’alimentation des zones minières du Grand Katanga, où l’expansion des activités extractives accroît considérablement les besoins en électricité. L’Angola, de son côté, entend renforcer sa stratégie d’exportation énergétique tout en consolidant les échanges régionaux.
Plusieurs priorités stratégiques ont également été abordées lors de cette rencontre entre João Lourenço et Aimé Sakombi Molendo, notamment le renforcement de l’industrialisation sous-régionale à travers la SNEL, la conclusion d’un accord garantissant la stabilité de l’approvisionnement électrique, l’extension des dispositifs d’interconnexion ainsi que le raffermissement de la coopération énergétique entre Kinshasa et Luanda.
Les deux pays entendent faire émerger un véritable marché intégré à l’échelle sous régionale, capable de fluidifier les échanges électriques, d’attirer les investissements et d’accompagner l’essor industriel africain. À travers ce projet gigantesque, la République démocratique du Congo et l’Angola veulent surtout substituer aux cloisonnements historiques de véritables corridors énergétiques.
Nous devons ériger nos ressources hydrauliques en socle du développement durable pour nos deux peuples, établir des ponts entre nos deux pays, et non des barrières, a résumé Aimé Sakombi Molendo.
Si l’échéancier annoncé est respecté, la première ligne pourrait entrer en service à l’horizon d’un an et demi. Une perspective qui placerait alors l’espace RDC– Angola au cœur d’une nouvelle dynamique énergétique. La RDC est appelée à devenir un acteur énergétique incontournable en Afrique centrale. En dépêchant Aimé Sakombi Molendo à Luanda, avec à ses côtés le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, affiche clairement son ambition de transformer les immenses potentialités hydrauliques du pays en instrument de puissance économique, d’intégration régionale et de développement industriel.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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