Des tentes destinées à l’isolement des malades d’Ebola ont été incendiées dans la nuit de vendredi à samedi à l’hôpital général de référence de Mongbwalu, situé à 85 kilomètres de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, épicentre de la 17ème épidémie d’Ebola, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué à l’ACP le médecin directeur de cet hôpital.
« Dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 mai 2026, des inconnus ont incendié les tentes d’isolement des patients atteints d’Ebola », a déclaré docteur Richard Lokudi, médecin directeur de l’hôpital général de référence de Mongbwalu.
Il a précisé que cet espace de prise en charge, construit avec l’appui de Médecins Sans Frontières, a été vandalisé par des personnes non encore identifiées.
« Sur les 28 cas suspects provisoirement isolés dans l’hôpital en attendant l’installation complète des tentes, quinze patients ont été retrouvés, tandis que treize autres demeurent introuvables », a dit le médecin, assurant que des enquêtes ont été ouvertes afin « d’identifier les auteurs de cet incendie ainsi que les motivations de cet acte de vandalisme ».
Cet incident survient trois jours après celui enregistré dans la zone de santé de Rwampara, à une dizaine de kilomètres de Bunia, où des jeunes en colère avaient incendié des tentes réservées à la prise en charge des malades d’Ebola.
La riposte contre Ebola demeure confrontée à plusieurs défis en Ituri, notamment la méfiance de certaines communautés, l’insuffisance des infrastructures sanitaires et les difficultés liées à l’isolement des patients et la prise en charge.
Rappel historique
Ebola a débuté en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba) dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.
L’épidémie d’ « Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe, co-découvreur d’Ebola.
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes : lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ; utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.
Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.
ACP / Provinces26rdc.com
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