RDC : L’Assemblée nationale déclare recevable le rapport du CSAC sur la lutte contre les discours de haine

La montée des plateformes numériques, la recrudescence de la désinformation et la prolifération des discours de haine sur internet ont profondément marqué l’espace médiatique congolais au cours de l’année 2025. C’est ce que révèle le rapport annuel du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), présenté mercredi 27 mai à l’Assemblée nationale et déclaré recevable par les députés.

Présenté devant la plénière par son président, Christian Bosembe, le rapport annuel 2025 du CSAC dresse un panorama complet de la régulation des médias en République démocratique du Congo.
L’autorité de régulation y souligne la transformation fulgurante de l’écosystème de l’information. Des plateformes telles que Facebook, WhatsApp, TikTok, YouTube et X (anciennement Twitter) sont devenues les canaux majeurs de diffusion de contenus et d’expression citoyenne dans le pays.

Cette évolution technologique s’accompagne toutefois de défis croissants en matière de contrôle et de responsabilité informationnelle. Le CSAC place désormais la lutte contre la désinformation au centre de la sécurité nationale et de la stabilité sociale, tout en alertant sur la prolifération inquiétante des propos discriminatoires et des incitations à la violence en ligne.

Pour faire face à cette mutation, l’institution a édicté quatre nouvelles directives majeures touchant :

  • La télédistribution ;
  • La publicité dans les médias ;
  • Le régime des médias étrangers en RDC ;
  • La régulation des contenus sur les plateformes numériques.

Par ailleurs, un processus de révision de sa loi organique de 2011 a été engagé afin de l’adapter aux réalités technologiques actuelles. Sur le plan de l’ancrage territorial, le CSAC prévoit d’installer quatre nouvelles coordinations provinciales en 2026 : au Lualaba, au Haut-Uélé, au Maï-Ndombe et au Nord-Ubangi.

Crise financière et arriérés de salaire : le cri d’alarme du CSAC

Derrière ces ambitions institutionnelles se cache une crise administrative et financière aiguë. Le rapport met en lumière la situation sociale préoccupante des agents du CSAC, marquée par une précarité qui persiste depuis plus de trois ans. Le personnel fait face à des salaires versés partiellement (à hauteur de 30 % seulement) et cumule plus de 34 mois d’arriérés de paiement.

Cette insuffisance de ressources financières a lourdement impacté le plan d’action de l’institution. Plusieurs projets stratégiques initiés en 2025, à l’instar de la modernisation indispensable du Centre de monitoring des médias congolais, sont restés lettre morte faute de budget.

Examen approfondi par une commission mixte

À l’issue des débats en plénière, les députés nationaux ont voté la recevabilité de ce rapport. Le texte a été transmis à la commission mixte socioculturelle et nouvelles technologies de l’information et de la communication (ATI-NTIC). Cette dernière dispose d’un délai de trois jours pour examiner minutieusement les données fournies et formuler des recommandations concrètes afin de doter le régulateur des moyens de sa politique.

Radio Okapi/Provinces26rdc.com

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