La dépolitisation de l’administration et la nécessité de repenser la décentralisation dans le processus de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo (RDC) ont été recommandées mercredi lors de la première journée du colloque scientifique national sur l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006 organisé à l’Université de Kinshasa (Unikin).
«Les conflits récurrents entre institutions surtout en provinces, le détournement des derniers publics, le chevauchement entre le pouvoir central et les entités décentralisées.Bilan : faut -il maintenir ce texte(Constitution)? Il faut modifier et changer cette Constitution.Nous recommandons la dépolitisation de l’administration, le respect des dispositions liées à rétrocession de 40% de, supprimer les assemblées provinciales, recourir aux non originaires dans les différentes nominations aux postes de responsabilité dans les provinces pour renforcer la cohésion nationale»,a déclaré le professeur David Lubo, Président de l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (Apukin) lors de son intervention au colloque.
«Il faut améliorer notre vision de la Constitution.Pour y arriver le texte est inadapté d’où il faut modifier et changer la Constitution»,a précisé le président de l’Apukin, évoquant les différents conflits entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif au niveau des provinces ainsi que la déstabilisation des institutions.
La première journée du colloque scientifique national organisé par le ministère de l’Enseignement Supérieur Universitaire Recherche Scientifique et Innovations (ESURSI ), présidée dans le pool de Kinshasa à l’Unikin par le professeur Jean-Marie Kayembe, Recteur de cette alma mater ,a connu plusieurs interventions d’une quinzaine des professeurs d’universités en panels et hors panels.
Ces derniers ont apporté leurs expertises et contributions scientifiques notamment sur «la gouvernance institutionnelle , fonctionnement des institutions et équilibre des pouvoirs», «la décentralisation et organisation territoriale : bilan autour de la cohésion nationale, unité etefficacité»,«Intelligence Artificielle(IA )et gouvernance territoriale, systèmes d’aide,la décision, la gestion des infrastructures et la planification».
Intégration des dispositions numériques dans la gestion
Intervenant sur le panel de l’IA, le professeur Garry Sakata, Député national a évoqué certaines dispositions numériques à intégrer dans la Constitution lors de sa modification pour le développement durable du pays, en bénéficiant de plusieurs avantages.
«L’IA nous permet de faire une collecte rapide de données (…)Cela nous fait donc gagner du temps. L’IA nous propose une panoplie de propositions et de décisions et offre donc du choix aux responsables des entités territoriales et centralisées, mais également à vous, responsables des universités.C’est un grand service pour les citoyens, parce que les décisions ne vont plus désormais relever des simples adhérents,mais fondées sur des données objectives, vérifiables et surtout comparables.Ce qui après, naturellement, en regardant cela, est un effet très bénéfique pour le budget»,a dit cet intervenant au colloque.
L’IA permet également de créer des villes ou des entités par une forme de planification.C’est-à-dire une forme de planification territoriale et de poser des défis humains, parce que pour qu’on ait des données,a soutenu le professeur Sakata,soulignant notamment l’obligation de renforcer la formation dans ce domaine numérique et la mise en œuvre des mécanismes susceptibles d’identification et d’utilisation de l’IA.
Les travaux de ce colloque se poursuivent à l’Unikin jusqu’à vendredi pour formuler des recommandations et résolutions qui seront soumises à la Ministre de l’ESURSI.
ACP / Provinces26rdc.com
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