Entrée en lice de la République démocratique du Congo ce mercredi dans la Coupe du monde 2026. Les joueurs congolais doivent affronter à Houston, aux États-Unis, l’équipe du Portugal. Une belle affiche qui marque le début d’un retour dans la compétition attendu depuis 52 ans à Kinshasa. La capitale congolaise s’apprête à vivre les prochains jours aux couleurs de la sélection nationale.
Les Léopards en Coupe du monde, Pitshou n’a jamais connu cela. Comme beaucoup de ses compatriotes, il n’était pas né en 1974 lors de la dernière apparition de son pays en phase finale de la compétition. Et il sait déjà que l’émotion sera forte quand l’hymne national va retentir dans le stade de Houston ce mercredi.
Un match qu’il va regarder en terrasse avec la famille et les amis. D’autant plus, ajoute-t-il, que « les entreprises de brasseries locales ont fourni des générateurs aux bars pour que la retransmission ne soit pas coupée par une panne d’électricité. »
Les Kinois ont bien prévenu, ils seront dehors devant leurs écrans pour suivre cette rencontre, la seule diffusée en journée pour l’équipe congolaise.
Les autres matchs auront lieu tard dans la nuit, mais comme Kinshasa ne dort jamais, cela n’empêchera pas les supporters d’être derrière leur poste de télévision. « Moi je vais tout regarder, confirme Michel. Cela fait bien trop longtemps que l’on attend de voir le Congo en Coupe du monde, je serai présent quoi qu’il arrive. »
Une ville aux couleurs léopards
Depuis la qualification des Léopards, le 31 mars 2026, la ville vit aux couleurs de la sélection nationale. Il y a eu d’abord la fête après leur qualification lors des barrages intercontinentaux. Un jour férié a même été décrété le 1er avril par le gouvernement pour célébrer cela avant le retour triomphal des joueurs et du staff.
Petit à petit, des affiches ont fait leur apparition dans les rues pour encourager l’équipe menée par le sélectionneur français Sebastien Desabre et le capitaine, véritable héros national, Chancel Mbemba.
Pour Généreuse, une fan des Léopards croisée dans le centre-ville, ce mercredi le fameux imprimé sera incontournable : « Ici à Kinshasa, on appelle cela « tache-tache » ou « nkoyi » (« félin » en Lingala). Il faudra porter du léopard, c’est obligé. »
Même le culte aura des airs de rencontre internationale. Plusieurs églises de la ville ont en effet installé des écrans géants pour inviter les fidèles à prier ensemble pour la victoire. Certaines ont même avancé l’heure de la messe pour pouvoir libérer tout le monde au moment du match.

Les rues de Kinshasa sont aux couleurs des Léopards avant leur premier matche en Coupe du monde depuis 52 ans, RDC, le 16 juin 2026. © Paulina Zidi/RFI
Une effervescence kinoise qui ne fait pas oublier aux Congolais que le pays est aujourd’hui secoué par de multiples crises : sanitaire, sécuritaire, politique… L’épidémie de la maladie à virus Ebola a quelque peu assombri la fête.
Les trois pays hôtes de la compétition (États-Unis, Mexique et Canada) ont fermé leurs frontières aux personnes venues de RDC empêchant des supporters de faire le déplacement. Un temps, il y a même eu une inquiétude sur la participation de l’équipe qui n’a pas pu revenir jouer ses matchs amicaux de préparation à Kinshasa. Les Congolais ont alors raté une occasion de profiter de leur sélection.
Tous les responsables politiques derrière les Léopards
Les tensions politiques aussi sont fortes dans la capitale sur fond de débat autour d’une modification envisagée de la Constitution. Un rassemblement de l’opposition vendredi dernier a été réprimé dans le sang. Les principaux leaders de l’opposition ont été blessés, mais ce mercredi, ils seront sans aucun doute derrière l’équipe nationale.
Enfin, il y a la situation sécuritaire à l’est du pays en proie à plusieurs conflits. Les victoires de Léopards sont en général tout autant applaudies à Goma et Bukavu, villes sous le contrôle du groupe armé AFC/M23 soutenu par le Rwanda voisin. « Le football, c’est bien l’une des choses qui nous unit plus que cela nous divise », affirme Roland. Pour lui, tout le pays sera derrière les joueurs. « Et on sait aussi que l’on peut compter sur le soutien de nos voisins qui ne se sont pas qualifiés », il fait référence surtout à l’autre Congo, celui de Brazzaville où l’on suivra attentivement aussi le parcours des joueurs de la RDC.
Crise sanitaire, crise sécuritaire, crise politique… « On a besoin de rêver un peu », confessent les Congolais. Dans les rues, l’admiration pour les joueurs est d’ailleurs sans limite. « Ils sont les mieux sapés », explique Prudence, collégienne, allusion à la tenue de cérémonie de l’équipe. Un costume noir rehaussé d’une bande imprimée léopard. Cet imprimé, il symbolise la force d’un pays uni derrière une sélection qui finalement a déjà offert le plus beau des cadeaux : le retour de la RDC dans le concert des nations du football.
rfi / Provinces26rdc.com
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