RDC : Kinhasa, encore une année sous embargo sur les armes

Le Conseil de sécurité a tranché mardi 30 juin. Pour une année supplémentaire, la résolution 2825 de sanction demeure en vigueur contre la République démocratique du Congo, avec son volet embargo sur les armes. L’ONU adresse un message clair : la situation dans l’est de la RDC demeure sous étroite surveillance et la pression de la communauté internationale reste maintenue.

La France a justifié cette reconduction par la nécessité d’adapter le dispositif aux réalités du terrain. « Ce régime doit être dynamique pour rester adapté à l’évolution de la situation. Cette résolution crée un nouveau critère de désignation visant les groupes armés responsables d’actes d’obstruction graves et délibérés à la mise en œuvre du mandat de la Monusco. La cessation des entraves à la Monusco dans les zones sous contrôle du M23 est en effet indispensable à la bonne exécution des accords de paix, et ce Conseil doit y veiller », a déclaré Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès de l’ONU.

Paris a aussi élargi le spectre des menaces. « Les délibérations ont enfin permis des progrès dans l’appréhension d’autres menaces, notamment celle du groupe terroriste ADF. Nous continuerons de travailler avec les membres du Conseil à ce sujet. Je remercie l’ensemble des membres du Conseil pour leur engagement lors de ces négociations. La France compte sur une expression unie du Conseil en faveur de ce régime afin de contribuer activement à la mise en œuvre de la résolution 2773, ainsi qu’à l’ensemble des efforts de paix en cours », a fait savoir le diplomate français affecté auprès des Nations unies.

Washington a réaffirmé son soutien à cette approche. « Le renouvellement, aujourd’hui, du mandat du groupe d’experts ainsi que des mesures d’embargo sur les armes, d’interdiction de voyager et de gel des avoirs, constitue une étape importante vers la réalisation de notre objectif collectif, à savoir la paix dans l’est de la RDC », a ajouté l’ambassadrice Jennifer Locetta, représentante suppléante des États-Unis pour les affaires politiques spéciales.

L’embargo vise désormais les circuits financiers de la guerre 

L’accent a également été mis sur l’économie de guerre. « L’extraction illicite des minerais alimente le conflit en RDC. Les rapports du groupe d’experts sont essentiels pour retracer ces activités illicites et identifier les personnes qui y participent activement. L’objectif est clair : tarir les sources de financement afin d’affaiblir les réseaux qui alimentent le conflit », a souligné Jennifer Locetta.

Une nouvelle exigence en matière de justice a également été formulée. « Si le Comité souhaite véritablement s’attaquer aux facteurs contribuant au conflit, il est impératif de poursuivre ceux qui se livrent au commerce illicite de minerais extraits dans les zones de conflit », a insisté la diplomate américaine Jennifer Locetta. Au-delà des sanctions, l’ONU plaide également pour des poursuites judiciaires contre les responsables de ces activités illicites.

L’instance onusienne a rappelé le dossier de l’impunité. Washington a salué « les progrès accomplis récemment en RDC pour lutter contre l’impunité des principaux responsables » et a appelé à poursuivre « toutes les personnes impliquées, y compris celles mêlées à la planification, à la direction ou au financement des tueries ». L’affaire Michael Sharp et Zaida Catalan reste le symbole.

Les quinze membres ont enfin pointé la responsabilité des acteurs sur le terrain. Washington s’est félicité de l’adoption d’un nouveau critère de désignation des sanctions permettant de viser les entités qui entravent le mandat de la Monusco. Pour les États-Unis, cette disposition représente « une avancée très importante vers le renforcement de la responsabilité ».

 Kinshasa prend la présidence tournante du Conseil de sécurité 

Ce Conseil s’ouvre à un paradoxe dès juillet. La République démocratique du Congo assurera du 1er au 31 juillet 2026, la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle succède à la Colombie et précédera le Danemark, selon l’ordre alphabétique anglais.

Il accueille un membre non permanent en position d’ordonnateur. Élue le 3 juin 2025 avec 184 voix sur 187 et installée en janvier 2026, la RDC revient au Conseil après 1982-1983 et 1990-1991. Pour son mandat à la tête du Conseil de sécurité des Nations unies, Kinshasa a défini deux axes prioritaires : le renforcement de la paix et de la sécurité, ainsi que la prévention et la résolution des conflits.

L’administration Tshisekedi pilotera cet agenda. Kinshasa assure qu’il « tiendra le public informé des principales activités inscrites au programme de cette présidence ». Elle représente une occasion pour la délégation congolaise de faire de ce mandat un véritable levier diplomatique.

Le Conseil place donc la RDC face à ses responsabilités. Sanctions maintenues d’un côté, présidence de l’autre. L’équation de juillet sera de faire avancer la paix dans l’est, de protéger les civils et d’obtenir des ajustements ciblés, sans perdre en crédibilité devant New York.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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