La séquence diplomatique s’est accélérée ces dernières semaines.Fin juin, le président burundais Évariste Ndayishimiye effectue une visite d’État de 48 heures à Kinshasa. Les discussions portent officiellement sur la sécurité régionale, la coopération bilatérale et la lutte contre les groupes armés dans l’Est de la RDC, le Burundi étant engagé aux côtés des FARDC.
Mais en coulisses, selon plusieurs sources, l’idée d’une initiative burundaise auprès de l’opposition émerge.Quelques jours plus tard, l’invitation officielle arrive. Elle s’adresse principalement à la Coalition Article 64 (C64), regroupant des opposants déterminés à bloquer toute modification constitutionnelle perçue comme une manœuvre visant à prolonger le pouvoir en place.
Parmi les destinataires figurent Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et d’autres. L’invitation est également adressée au prix Nobel de la paix Denis Mukwege, à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et à l’Église du Christ au Congo (ECC).
On annonce aussi, sans certitude à ce stade, la participation de Raymond Tshibala au nom de « Sauvons la RDC ».
Vendredi 3 et samedi 4 juillet, les leaders de la C64 répondent favorablement. Jean-Marc Kabund part le premier, vendredi soir ; les autres le suivent samedi en direction de Bujumbura.
Martin Fayulu se montre rassurant tout en mettant en garde contre un mauvais coup. Pour lui, la marche du 8 juillet n’est pas annulée, mais reportée au 22 juillet, à une date qui sera précisée.
Quel rôle pour Ndayishimiye dans cette crise ?
Pour l’opposition, l’objectif est d’exposer ses préoccupations sur la gouvernance, la sécurité dans l’Est et l’avenir institutionnel, tout en plaidant pour un dialogue national inclusif.
Le président burundais, président en exercice de l’Union africaine, invoque naturellement une approche africaine aux problèmes africains.
Le Burundi cherche, selon des sources gouvernementales, à « mesurer l’ampleur de la crise » avant un engagement plus profond.Certains observateurs y voient une tentative de Kinshasa de relancer un processus de dialogue après l’échec d’autres initiatives, notamment celle menée par l’Angola.
La rencontre est prévue autour du lundi 6 juillet, sous réserve de l’agenda. Les opposants arrivent avec l’intention de défendre leurs positions sans renoncer à la mobilisation.
Télé50 / Provinces26rdc.com
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