Sud-Kivu : La société civile de Fizi dénonce des bombardements meurtriers contre des civils et appelle à un dialogue inclusif

La société civile du territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, tire la sonnette d’alarme sur la dégradation continue de la situation humanitaire et des droits humains dans les hauts et moyens plateaux. Dans une note d’information publiée ce 4 juillet 2026, elle accuse les parties au conflit de multiplier les bombardements contre les villages habités et appelle à la mise en œuvre effective des différents accords de paix déjà conclus.

Selon cette organisation citoyenne, les populations civiles paient un lourd tribut aux affrontements qui opposent le mouvement AFC/M23-Twaganeho à la coalition gouvernementale composée des FARDC et des Wazalendo. Elle cite notamment un bombardement survenu dans le village de Mulima.

« La société civile du territoire de Fizi informe la communauté nationale et internationale, mais aussi les partenaires qui interviennent dans le cadre des processus de recherche des solutions au conflit armé dans la région des Grands Lacs, que la situation humanitaire et des droits humains restent préoccupante en territoire de Fizi précisément dans les hauts et moyens plateaux. À titre illustratif, le village Mulima où il y a eu le bombardement des drones avec des effets négatifs sur la vie de la population civile dont la perte en vies humaines de trois personnes, deux femmes et un enfant, et la destruction de l’EP Ngulube en date du 3 juillet 2026. Rappelons que l’Hôpital général de référence de Minembwe a été touché par les bombardements des drones des parties au conflit, résultats du conflit armé opposant le mouvement AFC/M23-Twaganeho contre la coalition gouvernementale, les FARDC et les Wazalendo », écrit la société civile.

La structure affirme également constater une intensification des violences depuis le début du mois de juin, avec une multiplication des attaques visant des localités civiles.

« Depuis le début du mois de juin, nous observons la multiplicité et la recrudescence des attaques contre les villages de population civile. Ces attaques sont orchestrées par les parties prenantes au conflit armé qui utilisent les armes lourdes des types drones qui détruisent les villages et les biens des populations ainsi que les pertes en vies humaines », souligne la note.

La société civile estime que ces bombardements provoquent des déplacements massifs de populations et aggravent une crise humanitaire déjà préoccupante. Elle considère également que ces pratiques sont contraires aux règles du droit international humanitaire.

« Ces bombardements aveugles occasionnent aussi le déplacement massif des populations fuyant la persécution de part et d’autre, mais aussi une crise humanitaire alors que ces actes violent les règles régissant les hostilités, le droit international humanitaire ou le droit des conflits armés et ses protocoles additionnels », poursuit le document.

Dans son message, la société civile rappelle que plusieurs initiatives diplomatiques ont déjà été engagées pour mettre fin aux violences, mais déplore leur absence d’application sur le terrain.

« Plusieurs instruments juridiques sont déjà signés avec objectifs de résoudre ce conflit par la voie pacifique, dont les déclarations communes de Doha, de Suisse et d’Amérique sur la cessation des hostilités. Ces instruments restent une lettre morte sans être appliqués par toutes les parties, voire même les partenaires, pendant que les populations civiles meurent chaque jour », regrette-t-elle.

L’organisation condamne les bombardements contre les civils, critique le silence de la communauté internationale et plaide pour l’organisation d’un dialogue intercongolais inclusif. Elle insiste également sur la nécessité de placer les droits humains et le droit international humanitaire au cœur de toute initiative de paix.

« Nous plaidons pour l’organisation d’un dialogue intercongolais inclusif pouvant impliquer toutes les parties au conflit en insistant sur la primauté de l’initiative de l’ECC et de la CENCO sur le Pacte social pour la paix et le vivre-ensemble dans la région des Grands Lacs, en particulier en République démocratique du Congo. Les parties prenantes doivent mettre au centre le respect des droits humains et du droit international humanitaire, car la population, en particulier les humanitaires et leurs biens, ne participent pas aux hostilités », écrit la société civile de Fizi.

Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient pour tenter de ramener la paix dans l’est de la République démocratique du Congo, la société civile de Fizi estime que leur crédibilité dépendra désormais de leur application effective sur le terrain. Elle exhorte les parties au conflit, les autorités congolaises ainsi que les partenaires internationaux à prendre des mesures urgentes afin de protéger les populations civiles, de faire respecter le droit international humanitaire et de mettre un terme à des violences qui continuent de coûter la vie à des innocents.


Tazama RDC / Provinces26rdc.com

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