Le rapport annuel du chef de l’ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits met en lumière un chaos dissimulé dans l’est de la RDC. Présenté mercredi devant le Conseil de sécurité, le document recense des viols collectifs, des faits d’esclavage sexuel et des mariages forcés, souvent utilisés comme forme de torture et de représailles manifestes et accompagnés d’autres formes de violence physique extrême. Il accable principalement le M23, rébellion soutenue par le Rwanda.
Ces actes ont visé en tout 854 femmes, 672 filles, 4 hommes et 4 garçons, certains des enfants concernés ayant à peine 1 an. Selon le secrétaire général de l’ONU, des cas de violences sexuelles ont également été signalés dans la foulée de la prise d’Uvira par des éléments du M23.
« Des groupes armés ont recouru à des violences sexuelles pour asseoir leur contrôle sur des territoires et assujettir des populations. Le nombre de cas avérés imputés au M23, dont des viols, des viols collectifs et des faits d’esclavage sexuel, est passé de 152 en 2024 à 439 en 2025. Des éléments du M23 ont commis des violences sexuelles contre des civils considérés comme affiliés aux Forces armées et à des groupes armés opérant sous le nom de Wazalendo. Des violations imputées au M23 ont également été perpétrées dans des lieux de détention et lors d’opérations de bouclage et de recherche et ont visé des femmes, des filles, des hommes et des garçons, ainsi que des personnes LGBT et des acteurs de la société civile », a révélé António Guterres.
Dans ses recommandations, le chef de l’ONU a demandé aux parties au conflit de faire cesser tous les actes de violence sexuelle liée au conflit et de veiller à ce que des mesures de prévention et d’intervention soient intégrées dans tous les processus de médiation et de paix.
Aux autorités congolaises, il a été demandé de redoubler d’efforts pour veiller à ce que tous les auteurs de violences sexuelles liées au conflit, quels que soient leur grade ou leur affiliation, soient amenés à rendre des comptes, et pour garantir des mesures d ’aide et de réparation aux personnes rescapées.
« Je salue les progrès majeurs qui ont été accomplis concernant l’octroi de réparations aux personnes rescapées, à la faveur des décisions rendues par des juridictions internes », a-t-il indiqué, tout en se réjouissant que des feuilles de route distinctes aient été établies à l’intention de la police et de l’armée dans le cadre de la mise en œuvre de l’addendum de 2019 au communiqué conjoint RDC-ONU.
Afriqu’actu / Provinces26rdc.com
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