Guerre à l’Est de la RDC : Kigali déchire l’accord de Washington

Depuis le 4 juin 2026, Marco Rubio, Secrétaire d’État des États-Unis, se disait presque optimiste devant le Congrès : début de conformité rwandaise en cours, retrait des troupes rwandaises espéré pour le mi-juillet.

Cinq semaines plus tard, l’échéance est en train de passer, et ce sont les Rwandais eux-mêmes qui sont en train de l’enterrer à voix haute.

Le 5 juin, Kigali répond à Rubio par un communiqué : elle renvoie la balle vers la RDC, accusée de ne pas neutraliser les FDLR.

L’armée rwandaise se dévoile

Sur un plateau télévision, le porte-parole de l’armée rwandaise, le brigadier général Patrick Karuretwa, déjà sous sanctions américaines, tranche : « le Rwanda est à Goma et Bukavu pour y rester ; se retirer serait suicidaire ».
En clair, il demande aux Congolais d’oublier les accords de Washington.

Dans la même logique, le sénateur rwandais Évode Uwizeyimana l’assume : « neutraliser les FDLR, veut dire détruire l’armée congolaise ». Car, selon lui, les FDLR seraient fondues dans les FARDC.

Donc, le retrait n’est plus lié à un groupe armé résiduel, mais à l’affaiblissement d’une armée nationale voisine.
La menace devient un alibi sans date d’expiration.

L’alibi ne tient plus depuis longtemps

Le Département d’État américain le note déjà dans son rapport de 2013 sur le terrorisme : les FDLR ne représentent plus la menace militaire qu’elles constituaient autrefois pour le gouvernement rwandais.

Douze ans plus tard, les cinq sixièmes des combattants survivants du groupe seraient encerclés dans des zones déjà tenues par l’armée rwandaise et le M23, donc hors portées des FARDC.

Washington le savait avant même que Kigali n’en fasse un argument.

Les chiffres de l’ONU achèvent le tableau

Le rapport S/2026/466 du Groupe d’experts sur la RDC recense 14.000 à 18.000 soldats rwandais dans l’Est congolais, soit le double de fin 2025. Ce que Kigali appelle « rotations », l’ONU l’appelle renforcement. Et les RDF, précise le rapport, soutiennent directement le M23 sur le terrain.

Un communiqué qui gagne du temps, un général rwandais sanctionné qui revendique une occupation permanente, un sénateur qui rend la menace insoluble par construction, un rapport d’experts américains qui, depuis douze ans, dément le prétexte, et des chiffres onusiens qui montrent un renforcement plutôt qu’un retrait… tout est désormais clair. Le dossier est complet.

Il sied de signaler qu’un chant de requiem est en train d’être entonné pour l’Accord de Washington, signé par Kagame et Tshisekedi en personne le 4 décembre 2025, en présence de Donald Trump.

 

Provinces26rdc.com

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