L’agression militaire rwandaise contre la République démocratique du Congo (RDC) constitue la principale menace à laquelle le pays est confronté depuis près de trois (3) décennies, a déclaré vendredi à l’ACP, un député national.
« Je ne partage pas les points de vue qui ramènent finalement à banaliser le problème primordial qui se pose à notre pays depuis 30 ans et qui se résume en l’agression militaire d’un État voisin, le Rwanda, contre la République démocratique du Congo, qui est menacée dans son existence », a déclaré Lambert Mende, député national.
Selon lui, toute lecture de la situation congolaise d’aujourd’hui qui revient à banaliser cette menace existentielle qui pèse sur la RDC paraît irrationnelle, avant de s’interroger sur ce qu’il qualifie de changement de position de l’ancien Président Joseph Kabila à l’égard du Rwanda, rappelant que, durant les années où il a travaillé à ses côtés, le régime de Kigali était présenté comme la principale menace pour la RDC.
« Pendant les douze années où j’ai travaillé auprès du Président honoraire Joseph Kabila, le message que notre Président nous demandait de diffuser était que le danger qui pèse sur la République démocratique du Congo vient du régime rwandais de Paul Kagame », a fait savoir l’ancien porte-parole du Gouvernement congolais, estimant que le rapprochement actuel de l’ancien Chef de l’État avec Kigali ne pouvait être accepté.
« Je ne peux ni expliquer, ni justifier, ni banaliser le revirement de l’ancien Président qui s’est aujourd’hui aligné derrière le Président Paul Kagame », a dit M. Mende.
Appel au respect du mandat présidentiel
Évoquant les appels à la démission du Président Félix Tshisekedi, par les opposants, le député national a rappelé que le Chef de l’État tient son mandat du suffrage universel et qu’il appartient uniquement au peuple de se prononcer à l’issue de celui-ci.
« Le peuple s’est déjà prononcé en 2023. Le mandat du Président court jusqu’en 2028. La démission est un acte volontaire. Si le Président Tshisekedi doit démissionner, c’est à lui seul d’en décider », a-t-il indiqué, expliquant que les initiatives de certains acteurs politiques réclamant son départ ne disposent d’aucun fondement constitutionnel.
Pour Lambert Mende, la priorité nationale reste la recherche d’une solution à la crise sécuritaire à travers les négociations en cours entre la RDC et le Rwanda.
« Nous avons affaire à deux belligérants, le Rwanda et la République démocratique du Congo. Ils sont en négociations à Washington », a-t-il dit dénonçant toute tentative de détourner l’attention de ce qu’il considère comme la véritable « urgence »
« Vos concitoyens sont tués, des populations sont déplacées, et vous banalisez cela. Le vrai problème que nous avons, c’est l’agression que le Rwanda perpètre contre la RDC depuis 1996 », a dit l’ancien ministre de la Communication.
Exclusion de M23-AFC réaffirmée pour le dialogue national
Concernant le dialogue annoncé par le Chef de l’État, l’ancien porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende a soutenu que les mouvements armés alliés au Rwanda ne devraient pas y être associés.
« Pas d’AFC, pas de M23. Ceux qui soutiennent Kagame pour donner une couleur locale à l’agression contre la RDC ne sont pas admissibles à un forum consacré à la défense du pays ».
Il a conclu que la lutte contre l’agression extérieure devait demeurer le principal facteur de cohésion nationale, estimant que toutes les initiatives politiques devraient s’inscrire dans cet objectif.
ACP/Provinces26rdc.com
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