Thierry Mariani : « l’Union européenne doit sanctionner Paul Kagame »

Le député européen Thierry Mariani a exigé de nouveau que l’Union européenne sanctionne directement le président rwandais Paul Kagame pour son implication dans la déstabilisation continue de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), région extrêmement riche en minerais critiques où les Forces rwandaises de défense (RDF) mènent des opérations militaires et apportent un soutien actif à la rébellion du M23.

Membre du Groupe Patriotes pour l’Europe, l’élu français est catégorique : il ne faut pas fermer les yeux sur les vrais responsables du chaos qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, surtout dans le contexte du virus Ebola.

Lors de la plénière du Parlement européen, organisée sur thème : « Epidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda : solidarité et préparation de l’Union en matière de santé mondiale », Thierry Mariani a exhorté l’UE à accentuer la pression sur le président rwandais pour mettre fin à cette guerre, au risque de se rendre complice de l’invasion rwandaise de la RDC.

« Madame la présidente, en République démocratique du Congo, les populations subissent déjà les ravages de la guerre. Désormais, elles doivent affronter une nouvelle catastrophe: Ebola – plus de 1 500 cas, plus de 500 morts. Mais il faut dire les choses: ce virus se propage aussi parce qu’il arrive dans des régions, l’Ituri et le Kivu, détruites par la guerre. Depuis 2021, l’est du Congo est à nouveau ravagé par les attaques du M23, soutenu par le régime de Paul Kagame. Des millions de personnes ont dû fuir, des infrastructures et des hôpitaux ont été incendiés. Alors, comment arrêter Ebola? Comment arrêter quand il n’y a pas assez d’ambulances, quand les centres de soins sont détruits, quand les médecins ne peuvent même plus atteindre les malades? Oui, il faut envoyer de l’aide humanitaire, mais fermer les yeux sur les vrais responsables de ce chaos, c’est accepter que la situation continue; c’est nous rendre complices. L’Union européenne doit enfin agir, comme le demande le Parlement depuis plusieurs années: sanctionner le Rwanda et M. Kagame et faire pression pour mettre fin à cette guerre. Pourquoi tant de complaisance pour le Rwanda? C’est le moment de montrer qu’on sait faire aussi une action politique, et pas uniquement une action humanitaire », a déclaré Thierry Mariani, mercredi 8 juillet, à l’occasion de l’audition de la commissaire européenne à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises, hadja lahbib.

L’invasion rwandaise a un impact humanitaire et sécuritaire dévastateur dans des provinces comme le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Outrée, l’eurodéputée Hilde Vautmans, se prononçant au nom du groupe Renew, a plaidé également pour des sanctions contre le Rwanda.

« Nous devons aussi rétablir la sécurité dans la région. Comme d’autres intervenants l’ont dit, nous devons commencer à sanctionner le Rwanda. La paix doit revenir là-bas pour permettre le combat contre Ebola. Notre devoir est clair: sauver les vies. Chaque jour compte », a-t-elle souligné.

Le gouvernement rwandais justifie ses interventions par des « mesures défensives » visant à sécuriser ses frontières. Il invoque la menace existentielle que représentent les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). La RDC qualifie cette présence d’agression caractérisée, accusant le Rwanda de violer sa souveraineté pour piller illégalement ses ressources minières. De nombreux rapports d’experts des Nations Unies confirment un ravitaillement aérien et l’usage de drones par l’armée rwandaise au profit direct du M23, en plus d’affrontements directs avec les Forces armées de la RDC (FARDC).

Malgré plusieurs processus de médiation et accords de paix signés sous l’égide des États-Unis (comme l’Accord de Washington) et du Qatar, la situation sur le terrain reste dans l’impasse et la violence persiste.


Afriqu’actu / Provinces26rdc.com

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