RDC-Répression sous Kabila : Marie-Ange Mushobekwa qualifie les manifestations meurtrières d’« erreurs du régime »

Dans une sortie médiatique remarquée au micro de Radio France Internationale (RFI), Marie-Ange Mushobekwa, figure de proue de l’ancien régime et proche de Joseph Kabila, a abordé de front le dossier sensible des manifestations meurtrières qui ont émaillé les dernières années de la présidence précédente.

Pour la première fois avec autant de clarté, l’ex-ministre qualifie ces événements d’« erreurs » tout en s’efforçant de souligner sa propre démarche de l’époque. « Ça fait partie des erreurs du régime de Kabila à l’époque, et j’avais condamné ouvertement ces violences », a-t-elle déclaré sans détour.

Face aux accusations de complaisance ou d’impunité qui collent à cette période, l’ancienne ministre des Droits humains a rappelé avoir initié des mécanismes de vérité pour faire la lumière sur les dérives policières et militaires.Sous sa direction, trois commissions d’enquête avaient été mises en place. Selon ses affirmations, ces instances avaient mené à bien leur mission consistant à « identifier les auteurs de cette répression, mais aussi les victimes ».

Au-delà du volet investigatif, Marie-Ange Mushobekwa a révélé qu’une compensation financière avait été arbitrée au sommet de l’État : le gouvernement avait alors décidé d’indemniser les familles endeuillées à hauteur de 2 000 dollars par foyer ayant perdu un proche.Toutefois, la question du suivi judiciaire reste le principal point d’ombre.

Relancée sur l’absence de condamnations des hauts responsables de la sécurité à cette période, l’ancienne ministre décline toute responsabilité et pointe du doigt l’appareil judiciaire de l’époque disant que « le rapport d’enquête avait été transmis au ministre de la justice, s’il n’y avait pas eu des poursuites judiciaires, ce n’est pas de ma responsabilité».

En évoquant ce passé douloureux, Marie-Ange Mushobekwa ne s’est pas contentée de défendre son bilan.
Elle a profité de cette tribune pour dresser un parallèle direct avec la situation politique actuelle sous l’administration de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).


Tazama RDC / Provinces26rdc.com

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