Afrique du Sud : l’activiste anti-occidental Kemi Seba mise sur le Niger pour éviter l’extradition au Bénin

En Afrique du Sud, Kemi Seba était de retour au tribunal de Pretoria. L’activiste béninois anti-occidental avait été arrêté il y a un peu moins de six mois lors d’un coup de filet entre les autorités sud-africaines et Interpol. Il y est depuis en détention, et une procédure d’extradition vers le Bénin a été lancée. Un pays où il est recherché, entre autres, pour soutien à une tentative de coup d’État. Si Stellio Gilles Robert Capo Chichi – de son vrai nom – a fait une demande d’asile en Afrique du Sud, il compte surtout à présent sur l’aide du Niger.

La défense de Kemi Seba et le parquet ont tous les deux demandé ce 23 septembre 2026 un report de l’audience, que la juge a donc accepté. L’étude de la demande de libération sous caution de Kemi Seba et de ses co-accusés a été renvoyée au 6 octobre.

Une course contre-la-montre semble se dessiner dans ce dossier, avec d’un côté l’avocat de Kemi Seba qui explique attendre un document crucial de la part de l’ambassade du Niger, puisque l’influenceur anti-occidental est conseiller spécial du chef de la junte et a obtenu un passeport diplomatique nigérien en 2024.

Sa défense cherche donc à faire reconnaître ce statut de diplomate sur le sol sud-africain, pour convoquer l’immunité diplomatique de Stellio Gilles Robert Capo Chichi – de son vrai nom – et ainsi demander la libération de ce dernier.

 La demande d’extradition étudiée le 20 novembre

Côté parquet, la procureure a demandé un report concernant l’examen de son extradition vers le Bénin. Demande dont l’évaluation a été renvoyée au 20 novembre. Selon le parquet, la demande d’extradition a bien été reçue par l’Afrique du Sud, mais le feu vert de la ministre sud-africaine de la Justice manque au dossier. Elle est la seule à pouvoir autoriser cette extradition.

Une extradition que Kemi Seba veut à tout prix éviter. Car au Bénin, il est recherché pour apologie de crimes et blanchiment d’argent.

L’influenceur anti-occidental et ses deux coaccusés – son fils, et le membre d’un groupuscule afrikaner – avaient été arrêtés en avril pour une tentative de sortie du territoire sud-africain via le Zimbabwe, alors que les visas du père et du fils avaient expiré.

Recherché par le Bénin, son pays d’origine, qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre 2025, l’activiste aux 1,5 million d’abonnés sur les réseaux sociaux possède un passeport diplomatique nigérien, octroyé par la junte au pouvoir issue du coup d’État de 2023.

Né franco-béninois, il s’était vu retirer sa nationalité française en 2024.

À la tête de l’ONG baptisée Urgences panafricanistes, il est connu pour ses diatribes radicales contre la France et les pouvoirs africains alliés de Paris.


rfi / Provinces26rdc.com

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