Stéphane Muadi Van, lanceur d’alerte et président du mouvement réformateur congolais (MRC), critique vivement l’ancien président, estimant que son bilan à la tête du pays ne lui permet pas de donner des leçons au régime actuel ni à la population congolaise. La réaction au discours de Joseph Kabila sur la situation politique et sécuritaire de la République démocratique du Congo (RDC) continue de susciter des prises de position.
« Kabila n’a aucune leçon de correction à donner à la population congolaise ni au régime actuel après ses 18 ans catastrophiques à la tête du pays. La RDC n’a fait que sombrer durant son temps. Son temps est déjà révolu », a déclaré Stéphane Muadi Van, réagissant au discours de Joseph Kabila diffusé le vendredi 9 octobre 2026.
Dans cette allocution, l’ancien chef de l’État a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Il a notamment critiqué la gouvernance actuelle, la gestion de la guerre dans l’Est, la corruption et les restrictions des libertés publiques. Il a également plaidé pour un dialogue national inclusif et annoncé de prochaines initiatives destinées à présenter sa vision de sortie de crise.
Pour Stéphane Muadi Van, ces critiques doivent être mises en perspective avec le bilan des dix-huit années de Joseph Kabila au pouvoir. Il reproche à l’ancien président de dénoncer les difficultés actuelles sans, selon lui, répondre suffisamment aux questions liées à sa propre gouvernance. Le lanceur d’alerte évoque notamment des accusations de mauvaise gestion des ressources nationales et d’impunité, estimant que le parcours de l’ancien régime doit être pris en compte dans l’appréciation de ses nouvelles propositions.
Stéphane Muadi Van estime par ailleurs que Joseph Kabila devrait répondre devant la justice des faits qui lui sont reprochés. Cette demande relève de sa position personnelle et ne constitue pas une décision judiciaire établissant la responsabilité de l’ancien président.
La question sécuritaire au cœur des critiques
Le lanceur d’alerte s’est également exprimé sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC. Il reproche à Joseph Kabila de dénoncer la guerre et les difficultés du pays sans désigner explicitement, dans son discours, l’AFC/M23 et le Rwanda.
Cette critique intervient alors que les États-Unis ont annoncé, le 30 avril 2026, des sanctions contre l’ancien président, l’accusant de soutenir l’AFC/M23. Joseph Kabila conteste les accusations portées contre lui.
Pour Stéphane Muadi Van, les Congolais, particulièrement les jeunes, doivent examiner les déclarations des acteurs politiques à la lumière de leurs parcours et de leurs responsabilités passées. Il rejette l’idée que le retour de Joseph Kabila au premier plan politique puisse, à lui seul, constituer une réponse à la crise actuelle.
Un message adressé à Félix Tshisekedi
Stéphane Muadi Van a également adressé un message au président de la République, Félix Tshisekedi, l’appelant à ne pas se laisser intimider ou manipuler par Joseph Kabila ni par le mouvement C64.
« Monsieur le Président, ne vous laissez ni intimider ni manipuler par Joseph Kabila ni par le C64. Vous êtes le chef à la manœuvre jusqu’en 2028 et vous devez aller au terme de votre mandat et impérativement préparer l’alternance politique, qui est plus que nécessaire et demandée par la majorité des Congolais », a-t-il déclaré.
Dans la même intervention, il a exhorté le chef de l’État à s’appuyer sur les institutions de la République et sur les partenariats dont bénéficie le pays pour faire face aux défis politiques et sécuritaires. Il a notamment évoqué l’armée, la justice, les forces spéciales et le soutien des États-Unis, avant d’appeler à « mettre Kabila hors jeu ».
Il sied de noter que cette déclaration traduit la fermeté de Stéphane Muadi Van à l’égard de l’ancien président et son soutien au maintien de Félix Tshisekedi jusqu’à la fin de son mandat. Elle s’inscrit dans un débat politique marqué par des divergences persistantes sur le bilan de Joseph Kabila, la gestion de la crise sécuritaire et les voies de sortie de crise.
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