Le Conseil des ministres a sonné le tocsin à l’issue de sa 40ème réunion du 17 juillet 2020. En cause : la résurgence de «la chasse aux Congolais non originaires». L’inquiétant phénomène est actuellement observé sur les terres du «Grand Katanga, du Grand Équateur et du Grand Bandundu». Ce délit semble inscrit dans l’ADN de quelques minables politiciens : des vétérans de l’indépendance à leurs jeunes héritiers du XXIe siècle.
Certes, le Conseil des ministres a pris soin de «mettre en garde les initiateurs de ces comportements». Mais, la menace n’a pas valeur d’une mesure contraignante. D’où nécessité de sanctionner les auteurs identifiés car l’État, dans son rôle régalien, «a le devoir d’assurer et de promouvoir la coexistence pacifique et harmonieuse de tous les groupes ethniques du pays» (Art. 51 de la Constitution du 18.02.2006).
Quant aux adeptes de «la chasse aux non originaires», ils devraient, au moins, se rappeler l’article 30. Il y est stipulé que «Toute personne qui se trouve sur le territoire national a le droit d’y circuler librement, d’y fixer sa résidence, de le quitter et d’y revenir, dans les conditions fixées par la loi».
Qui plus est, l’article 66 renforce la volonté populaire de Vivre ensemble en ces termes : « Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans discrimination aucune et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de sauvegarder, de promouvoir et de renforcer l’unité nationale, le respect et la tolérance réciproques ».
En conclusion, l’État de droit ne doit pas se contenter de dénoncer «la chasse aux non originaires», auquel cas, il ressemblerait à quiconque l’encourage. Car, le laxisme des régimes précédents, ou leur complicité, a servi de terreau pour voir le délit prospérer. Jusqu’à ce juillet 2020.
Le Potentiel /provinces26rdc.net
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