Confronté à de vives tensions avec ses alliés du FCC, le président Félix Tshisekedi a choisi des consultations avec la classe politique et sociale dans l’optique de créer une nouvelle dynamique qui l’accompagnera pour le reste de son mandat. En réalité, c’est une stratégie haute que le 5ème président de la RDC mise. Déjà qu’il a recréé de fortes attentes dans la population. Des attentes qu’il a lui-même perçues aux consultations où tout le monde préconise de tourner la page d’une coalition au pouvoir dont le mode de gestion ne fait que creuser un profond fossé avec la population. Ainsi, à l’issue des consultations du Palais de la Nation, Félix Tshisekedi devra opérer un choix judicieux. Celui d’annoncer et d’assumer courageusement la rupture.Verser dans des demi-mesures pour la survie d’une coalition conflictogène va sans doute créer la déception populaire. Et le pays ne fera que du surplace.
Deux ans auront suffi pour faire éclater au grand jour les différends qui minent la fragile coalition entre l’ex-président Joseph Kabila et son successeur Félix Tshisekedi. Ayant compris qu’il faille s’affranchir des pesanteurs d’une alliance contreproductive, le chef de l’État appelle désormais à de nouvelles alliances politiques.
Fustigeant des antivaleurs et des tactiques politiciennes visant à plomber ses efforts de développement, le président congolais Félix Tshisekedi a initié des consultationsavec les leaders politiques et sociaux les plus représentatifs dans le but de créer une Union sacrée de la nation. Son avenir politique en dépend énormément.
Déjà, il avait déjà planté le décor dans l’opinion sur l’issue de sa démarche. « Ces consultations visent la refondation de l’action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays. À l’issue de celles-ci, je vous ferai le point de mes décisions qui n ‘excluraient aucun cas de figure », note-t-on de son bref discours qui a donné un nouveau rythme politique au pays. Ira-t-il jusqu’au bout de sa logique ?
À Kinshasa, observateurs, analystes sont partagés. Tout le monde attend voir si ce serait un pari réussi dans la requalification des choses.
Mais déjà à Kikwit où il a séjourné le week-end dernier, Jean-Marc Kabund a donné le ton. Le président a.i. du parti présidentiel a annoncé aux militants de son parti, réunis pour un meeting à Kikwit le dimanche 15 novembre, la fin de la coalition au pouvoir et invite, à cet effet, l’ancien président, Joseph Kabila, à prendre ses dispositions. Le message est passé.
« Nous avons appris que Joseph Kabila a écrit aux présidents africains qu’il va paralyser le pays si Félix Tshisekedi mettait fin à la coalition. Maintenant, Je l’annonce officiellement à partir de Kikwit que la coalition n’aura plus lieu ; qu’il prenne donc ses dispositions », a déclaré le président a.i de l’UDPS, Jean-Marc Kabund. Une déclaration forte lancée dans le fief de deux leaders de la coalition de l’Opposition LAMUKA (Fayulu et Muzito) dans un rendez-vous qui a refusé du monde : tout un message. Celui de toute la majorité silencieuse du pays rangée pour le changement et la rupture ! Et le lieu est bien choisi.
Entre-temps, tout le monde est devant son chrono, en attendant la découverte de la tournure, du reste, inattendue empruntée par les événements. Au cas où le chef de l’État tempérait, ça sera une souris d’apaisement, à la limite la grosse déception qui va le déphaser complètement de l’opinion, mieux, de la population.
À considérer l’attente soulevée dans l’opinion publique par le discours présidentiel du 23 octobre, l’unanimité est faite autour de la future Union sacrée de la nation qui sonnera le glas de l’actuelle coalition au pouvoir. Tshisekedi devrait tout changer : imposer un nouveau jeu tout comme des nouveaux joueurs. Le peuple l’attend et il devra aller jusqu’au bout.
Le Potentiel /provinces26rdc.net
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