Après une décennie de performances modestes, les matières premières sont promises à un net rebond. Goldman Sachs estime même qu’elles abordent un marché haussier structurel comparable à celui des années 2000.
Le choc de demande lié à la pandémie n’a pas épargné les matières premières. L’indice Bloomberg commodities est tombé à son plus bas niveau depuis 1976 en mars dernier, entraîné par le krach pétrolier, l’effondrement de la consommation de carburant et la mise à l’arrêt des usines.
Les cours ont toutefois rapidement retrouvé leurs niveaux d’avant crise et, depuis quelques semaines, l’euphorie a regagné le marché des matières premières : le cuivre cote au plus haut depuis 2013 à près de 8.000 dollars la tonne et le fer a atteint 160 dollars la tonne, du jamais vu depuis sept ans . Le boisseau de soja s’échange contre 12 dollars , un record depuis six ans. Même tendance pour le blé et l’huile de palme.
Redémarrage chinois
Le rétablissement des prix est principalement dû au redémarrage de l’économie chinoise, premier consommateur de matières premières dans le monde. « Le pays a dopé ses importations d’énergie, de métaux et de matières premières agricoles, ce qui dans une année d’incertitude, a sans nul doute soutenu les marchés », expliquent les analystes d’ING.
Matières premières/Investissements : Faisons un REV
Et après ? Les cours vont-ils poursuivre leur progression ou plafonner ? De Goldman Sachs, à Pimco en passant par Citi, la communauté financière s’accorde à penser que la hausse n’est pas terminée. Par nature cyclique, la classe d’actifs profitera de la reprise.
Du côté des matières premières agricoles, là aussi on peut s’attendre à des tensions sur les prix. Non seulement la Chine continue d’acheter massivement des grains, mais en plus le phénomène climatique La Niña risque de peser sur les récoltes à venir un peu partout sur la planète.
Marché haussier structurel
Pour Goldman Sachs, le « rétablissement des prix de matières premières n’est rien d’autre que le début d’un marché haussier structurel bien plus long », comparable au supercycle des années 2000, alimenté par les pays émergents, Chine en tête.
D’abord, les cours des matières premières sont voués à grimper après une décennie de sous investissement, notent les experts de la banque. C’est vrai dans l’énergie où les capacités de production ont pâti du krach pétrolier ainsi que des exigences en investissements ESG.
Relance verte
Ensuite, les principaux plans de relance – Chine, Europe et Etats-Unis – seront teintés de vert, ce qui devrait profiter aux métaux. Par ailleurs, pour répondre à la crise sociale engendrée par la pandémie, les politiques économiques seront plus redistributives, et devraient donc s’accompagner d’une consommation de biens et de matières premières plus importante.
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De plus, l’explosion des dépenses publiques, notamment aux Etats-Unis, devrait affaiblir le dollar. L’immense majorité des matières premières étant libellées en dollars, leurs prix ont tendance à s’apprécier, leur achat coûtant moins cher.
Le risque inflationniste
Les investisseurs pourraient aussi se tourner vers les matières premières pour se protéger d’un retour de l’inflation, lié aux politiques budgétaires et monétaires. Même les hedge funds, qui avaient délaissé la classe d’actifs depuis la crise financière, y ont repris goût. Selon les données d’eVestment, ils ont déjà attiré 4 milliards de dollars sur des stratégies liées aux matières premières à fin octobre alors que l’ensemble de l’industrie a enregistré des flux sortants de 55 milliards.
Les Echos /provinces26rdc.net
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