Donald Trump, premier président de l’histoire des États-Unis à être mis en accusation deux fois par la Chambre des représentants, doit désormais faire l’objet d’un procès en destitution au Sénat, mais les négociations se poursuivent sur sa forme et sa durée.
Aux États-Unis, la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a refusé d’indiquer ce jeudi 21 janvier 2021 quand elle comptait transmettre au Sénat l’acte d’accusation de Donald Trump pour incitation à l’insurrection, étape impérative pour l’ouverture d’un deuxième procès historique en destitution de l’ex-président américain.
Cela sera sous peu. Je ne pense pas que cela sera long, mais nous devons le faire, a expliqué la démocrate lors de sa conférence de presse hebdomadaire.
Donald Trump est devenu le 13 janvier le premier président de l’histoire des États-Unis à être mis en accusation deux fois par la Chambre, contrôlée par les démocrates.
Plus de 230 démocrates, mais aussi dix républicains ont voté en faveur de cet « impeachment », accusant le milliardaire d’avoir incité ses partisans à prendre d’assaut le Capitole le 6 janvier.
« Nous sommes prêts »
Le Sénat, qui vient de passer sous contrôle des démocrates, doit désormais organiser un procès en destitution mais les négociations se poursuivent sur sa forme et sa durée.
Je ne vais pas vous dire quand l’acte d’accusation sera transmis à la chambre haute, a lancé Nancy Pelosi. Nous devions attendre que le Sénat soit en séance. Ils m’ont désormais informée qu’ils étaient prêts à le recevoir, mais des questions (demeurent) sur l’organisation du procès.
Nous sommes prêts du côté de la Chambre, a affirmé Mme Pelosi.
Ce procès menace notamment d’entraver les premiers jours du mandat de Joe Biden en monopolisant toute l’activité du Sénat au moment même où le nouveau président espère faire passer ses premières lois.
Issue incertaine
Je vais parler aux procureurs de la Chambre chargés de porter l’accusation pour savoir quand le Sénat sera prêt pour un procès, a dit Nancy Pelosi.
Si une poignée de républicains s’est montrée très critique de Donald Trump dans cette affaire, l’issue d’un procès en destitution reste encore très incertaine.
Niant sa défaite face à Joe Biden lors de l’élection de novembre, le magnat de l’immobilier avait, le 6 janvier, fait un discours devant la Maison Blanche, au moment où le Congrès votait pour certifier ce résultat.
Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts, avait-il lancé à ses partisans, en les appelant à marcher sur le Capitole pacifiquement et de façon patriotique.
Des manifestants avaient peu après envahi le Capitole dans un assaut sans précédent, qui a fait cinq morts.
Complotisme: la communauté qanon effondrée après l’investiture de joe biden

Des milliers d’adeptes du mouvement complotiste QAnon ont été déboussolés après la prestation de serment de Joe Biden. Selon un plan qu’ils avaient relayé, ce dernier devait être arrêté par l’armée ce 20 janvier.
Pour les QAnon, c’est la grande désillusion. Contrairement à ce qu’ils avaient prévu, Joe Biden a bien prêté serment hier 20 janvier, sans être arrêté ni jugé par l’armée. Ce scénario aussi rocambolesque qu’imaginaire (le “plan”) était pourtant été relayé par des dizaines de milliers d’internautes adeptes du mouvement QAnon.
Ce dernier regroupait ces dernières semaines de nombreux militants pro-Trump, aux Etats-Unis mais également en France, persuadés qu’un compte anonyme (baptisé “Q”) leur livrait depuis trois ans des informations au sujet d’un plan secret imaginé par Donald Trump et les militaires américains.
“Pédophilie sataniste”
“Entre dimanche et lundi l’emergency broadcast system devrait être lancé dans le monde entier. Tous les médias, réseaux sociaux, internet devraient être coupés pendant 10 jours avec les procès d’une durée de 3 heures qui tournent en boucle!” écrivait le 16 janvier un internaute dans un groupe français sur Facebook suivi par près de 5.000 personnes.
Selon les théories QAnon, qui reprennent à leur compte le discours de Donald Trump sur la supposée fraude électorale de la dernière présidentielle américaine, les militaires attendaient un signal de l’ancien président pour procéder à l’interpellation de Joe Biden, mais aussi de nombreux politiques démocrates comme républicains, corrompus à leurs yeux. Un immense procès devait ensuite être organisé.
Parmi les motifs d’arrestation imaginés de toutes pièces par les QAnon figurent, en plus de la manipulation des résultats du scrutin, des accusations de corruption et de pédophilie. Sur les canaux de la communauté QAnon (notamment sur la messagerie chiffrée Telegram), les mentions d’un réseau “pédophile sataniste” sont régulières.
“Il faut admettre la défaite”
Mais contrairement aux prévisions du “plan”, l’investiture de Joe Biden s’est déroulée sans encombre. Provoquant une déception chez certains, et de nombreuses remises en cause.
« A un moment donné, il faut admettre la défaite et on a perdu”, admet un abonné du canal Telegram Quartier Libre TV, qui reprennait les théories QAnon depuis les dernières semaines.
“Du vent, malheureusement et cela depuis le début, ceux qui sont à l’initiative du plan Q se frottent les mains aujourd’hui, ils ont berné tout le monde et s’en sont mis plein les fouilles” regrette un autre internaute.
Si ces théories complotistes sont nées aux Etats-Unis, avec certaines “stars” comme l’avocat Lin Wood, elles ont régulièrement été diffusées dans la communauté francophone, notamment par le biais du québécois Alexis Cossette-Trudel.
Plusieurs sites français, comme FranceSoir (un blog ayant repris à son compte la marque de l’ancien quotidien français), ont également relayé les scénarios imaginés par la communauté QAnon.
Certains médias QAnon, comme les DéQodeurs, font également face à une large fuite des internautes. Comme l’a détaillé le journaliste du Monde William Audureau sur Twitter. Déçus de l’investiture de Biden, nombreux sont ceux qui ont décidé de quitter les retransmissions organisées par les QAnon français en streaming.
La robe de Melania Trump
Mais comme le rappelle le quotidien québécois Le Devoir, la non-réalisation de la “prophétie” QAnon ne viendra probablement pas à bout du mouvement, qui pourrait au contraire radicaliser ses franges les plus extrêmes.
“On a affaire à un plan qui dure depuis des années, et le contexte, c’est l’armée, pas des gamins qui attendent les choses impatiemment comme ils veulent. Ne comprenez-vous pas que tout cela a été prévu d’avance? Lin Wood l’a même écrit sur son Telegram: laisser l’ennemi aller dans sa défaite” explique ainsi l’administratrice du groupe Facebook français, qui n’a pas perdu espoir.
Quelques heures plus tard, elle publiera une photo de la robe portée par Melania Trump ce 20 janvier, dont le motif évoque à ses yeux le symbole d’un signal secret envoyé à l’armée.

Un groupe Facebook relayant les théories QAnon © BFMTV
D’autres adeptes de la mouvance QAnon tentent d’expliquer la tournure des événements par un hypothétique trucage de la prestation de serment, ou une incompréhension de la théorie initiale, évoquant en réalité une prise de pouvoir par les militaires après la prise de fonction de Joe Biden.
Ouest – France /BFMTV /provinces26rdc.net
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