L’ambassadeur des Etats-Unis en RDC Mike Hammer recommande à la population de Beni de couper les liens de financement avec les ADF. Il a lancé cet appel dimanche 7 février à Beni dans la province du Nord-Kivu.
« Il faut couper tous les liens de financement et approvisionnement des ADF afin que les efforts militaires soient efficaces sur terrain », a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis en RDC.
Mike Hammer estime qu’en faisant cela, il est possible que l’armée congolaise, qui est appuyée par la Force de la MONUSCO, arrive vite à rétablir la paix dans la région de Beni tant menacée par ce groupe rebelle.
« Ça signifie qu’on doit travailler ensemble-les autorités congolaises, la communauté internationale, les pays voisins- pour couper le financement local et étranger qui vient soutenir les ADF et aussi pour éviter le recrutement des militants des autres pays à entrer à Beni. Et si nous travaillons ensemble pour couper le soutien économique illégal qui finance ce groupe, ça aidera bien sûr l’effort militaire que la MONUSCO fait en soutien aux FARDC », argumente Mike Hammer qui ajoute :
« Il y aura des renforcements de la riposte rapide militaire qui sont en train de venir en RDC à Beni, pour aider les efforts des FARDC. Ceci doit être un effort conjoint mais aussi de mettre une pression militaire pour mettre fin à ce groupe et les autres groupes armés qui menacent la population. »
RDC-Beni : « Notre renseignement montre qu’il y a des liens entre les ADF et l’État islamique » (Ambassade USA en RDC)
Les services de renseignement américain confirment la collaboration entre les Forces démocratiques alliées (ADF) et le groupe État islamique. Révélation faite par l’ambassadeur des États-Unis en RDC, lors de son séjour à Beni le week-end.
Mike Hammer précise qu’il ne faut pas exagérer dans cette affirmation mais appelle les autorités congolaises, les pays voisins et la communauté internationale à travailler ensemble pour couper le financement des étrangers destinés à soutenir les ADF et également empêcher le regroupement de militants des autres pays à pénétrer à Beni.
Optimiste, Mike Hammer pense que la guerre de Beni peut prendre fin si la population travaille ensemble avec les autorités congolaises en coupant le soutien de l’économie illégale qui finance ce groupe armé.
Mike Hammer, ambassadeur des États-Unis en RDC tout comme David Gresly, représentant adjoint du secrétaire général des Nations unies en RDC, ont annoncé le renforcement de la riposte rapide militaire qui est en train de venir à Beni pour aider les efforts des Forces armées congolaises.
Aperçu des ADF
Le groupe armé ADF tire ses origines de l’Ouganda. Il vit sur le sol congolais depuis plus de 20 ans. Il est accusé d’être responsable des tueries massives des civils et autres crimes graves dans la région de Beni en province du Nord-Kivu et dans les territoires d’Irumu et une partie de Mambasa en Ituri.
Selon un rapport du BCNUDH (Bureau conjoint des Nations-Unies aux droits de l’homme) publié en 2020, le groupe armé ADF a été créé en 1986 par un groupe d’organisations basées à l’Ouest de l’Ouganda. En fédérant ces mouvements, Jamil Mukulu a initialement baptisé le groupe ADF-NALU, réunissant l’acronyme de deux composantes, les Forces démocratiques alliées et l’Armée nationale de libération de l’Ouganda (NALU).
Au début des années 1990, le groupe s’est installé dans le massif du Mont Ruwenzori, en territoire de Beni, d’où il recrutait des éléments, essentiellement au sein de la communauté musulmane, et recherchait des soutiens pour ses activités dans la région. L’ADF entretient un réseau international de recrutement de combattants, ajoute le rapport.
Ce rapport poursuit que les ADF se sont consacrées à l’établissement d’un réseau d’affaires avec la RDC et les pays voisins (Burundi, Ouganda, Tanzanie) et des individus au sein des appareils sécuritaires de ces États qui leur fournissent armes, munitions et protection en échange des avantages économiques et financiers provenant des trafics d’or, de bois et des produits agricoles.
Laisser un commentaire