RDC-Procès Rossy Mukendi : la cour militaire dans l’attente d’un médecin légiste et de deux experts en balistique

La cour militaire de Kinshasa/ Matete siégeant en matière pénale, dans l’affaire opposant le ministère public à la commissaire principale, Carine Lokeso Koso, et le brigadier en chef, Tokis Kumbu, a autorisé la comparution d’un médecin légiste et de deux experts en balistique de la Police nationale congolaise (PNC) et des Forces armées de la RDC (FARDC), au cours d’une audience foraine tenue lundi dans la prison militaire de Ndolo.

Cette autorisation fait suite à la demande des parties civiles pour l’interprétation claire et nette du rapport médico-légal établi après l’autopsie du corps sans vie de l’activiste pro-démocratie, Rossy Mukendi.

« Dans ce dossier, il y a un rapport d’expertise médico-légale établi par un médecin légiste, après l’étude du corps de feu Rossy Mukendi en son temps. Ce rapport nous paraît incompréhensible au vu des termes employés. N’étant pas  techniciens, nous avons besoin d’un expert pour nous expliquer tous les termes médicaux employés», a indiqué à la presse l’un des avocats des parties civiles, Me David Tshimanga.

L’avocat a motivé leur démarche par la nécessité de dissiper la confusion qui plane sur les munitions utilisées dans ce meurtre.

« Rossy Mukendi a été abattu par une balle. C’est mentionné dans le rapport médico-légal. Mais dans le dossier, il n’y a pas l’avis d’un expert en balistique. Il y a une question de taille qu’il faille relever. Entre les mains du prévenu Tokis Nkumbo qui est poursuivi comme auteur du meurtre, l’on avait procédé à la saisine d’une arme AK contenant des munitions non létales, des balles d’exercice ou en caoutchouc », a souligné Me David Tshimanga, se demandant si une balle en caoutchouc peut donner la mort.

Nécessité de la présence des experts sollicités

C’est une question importante, a-t-il dit, estimant que « si le juge prend l’affaire en délibéré et se pose ce genre de questions dans son intime conviction  par la suite et qu’il estime que la réponse est négative, Tokis sera acquitté ».

« Notre action civile n’est pas fondée sur la prévention de violation des consignes, qui est une infraction militaire, elle est plutôt fondée sur la prévention de meurtre. C’est en cela que nous attendons la réparation. Mais si le prévenu qui est poursuivi pour meurtre est acquitté, notre action civile tombe. Il faudra que nous ayons un expert qui peut nous dire si une balle d’exercice peut donner la mort, et à quelle distance », insiste-t-il.

Selon lui, il sera difficile au juge de tirer son intime conviction si les éléments dans le dossier prêtent à confusion. « Nous savons que le doute profite à l’accusé. Il faut élaguer toutes les zones d’ombre. Le médecin légiste et les deux experts en balistique seront présents à l’audience du lundi prochain », a renchéri Me David Tshimanga.

Lors du débat, les avocats du prévenu brigadier en chef Tokis Nkumbo ont, pour leur part, soutenu cette position tout en arguant que le jour des faits, leur client était en possession d’une arme contenant des munitions non létales.

De son côté, l’un des avocats de Carine Lokeso, Me Étienne Lombela, estime inopportune la comparution d’un médecin légiste et des experts en balistique. Pour lui, la requête des parties civiles est une manœuvre  dilatoire.

Les prévenus Carine Lokeso et Tokis Nkumbo sont poursuivis pour violation des consignes et meurtre en participation criminelle de l’activiste pro-démocratie, Rossy Mukendi, tué le 25 février 2018, à Kinshasa, lors d’une marche du Comité Laïc de Coordination (CLC).

 

ACP/provinces26rdc.net

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