Après la forte remontée amorcée en 2025, le prix de l’hydroxyde de cobalt livré en Asie a nettement reculé au troisième trimestre 2026. Selon Benchmark Mineral Intelligence, il a chuté de 31 % sur trois mois, pour terminer septembre autour de 38 000 dollars la tonne.
Benchmark explique la baisse par deux facteurs principaux : une hausse de l’offre en provenance de la République démocratique du Congo et une demande encore faible chez les acheteurs, après un deuxième trimestre déjà peu dynamique.
Les importations chinoises d’hydroxyde de cobalt en provenance de RDC ont dépassé 10 000 tonnes en juin, contre environ 2 000 tonnes en mai, selon Benchmark. Cette remontée rapide des arrivages a contribué à faire pression sur les prix.
Les statistiques officielles congolaises confirment une accélération des expéditions au deuxième trimestre. Les exportations représentaient 17 054 tonnes de cobalt contenu au premier trimestre, puis 24 086 tonnes au deuxième, soit 41 140 tonnes sur les six premiers mois de 2026. En volume brut, les exportations d’hydroxydes ont atteint 119 015 tonnes sur la période.
Plus d’exportation attendu en 2026
La RDC avait interdit les exportations de cobalt en février 2025 avant de remplacer cette mesure par un système de quotas à partir d’octobre de la même année.
Pour 2026, le plafond officiel a été fixé à 96 600 tonnes, dont 87 000 tonnes de quota de base et 9 600 tonnes réservées à la gestion stratégique de l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (Arecoms). À ces volumes pouvaient s’ajouter, jusqu’au 30 avril, des reliquats de quotas attribués pour fin 2025 mais non encore utilisés.
Les exportations de la RDC pourraient donc atteindre plus de 114 000 tonnes cette année. Ce volume est plus de deux fois supérieur aux quelque 44 300 tonnes exportées en 2025, année durant laquelle la production nationale avait atteint environ 100 000 tonnes.
La baisse des prix du 3e trimestre montre qu’en plus de la quantité de cobalt qui peut être exportée sur l’année, le rythme auquel ces volumes arrivent sur le marché compte également.
Conscient de cet enjeu, le gouvernement congolais a complété son dispositif de régulation, en instituant en avril 2026 une réserve stratégique des substances minérales stratégiques, placée sous la gestion de l’Arecoms. Mais à fin septembre 2026, aucune source publique consultée ne permet d’établir que l’Arecoms avait déjà acheté et physiquement stocké un volume déterminé de cobalt pour cette réserve.
Pas de marge de manœuvre sur la demande
La baisse du troisième trimestre rappelle aussi une limite importante : la RDC peut réduire ou étaler ses exportations, mais elle ne maîtrise pas la demande mondiale.
En août, plusieurs vendeurs refusaient encore de céder leur hydroxyde sous environ 44 000 dollars la tonne, tandis que les acheteurs ne souhaitaient pas relever leurs offres. Cela montre que le marché restait marqué par un rapport de force entre une offre congolaise redevenue plus abondante et une demande encore prudente.
La baisse du prix de l’hydroxyde congolais a également rendu ce produit plus attractif pour les raffineurs asiatiques, au détriment d’autres sources de cobalt.
Pour les prochains mois, Benchmark indique que le marché surveillera surtout la reprise éventuelle de la demande en Chine, le fonctionnement des procédures douanières en RDC et la manière dont les quotas seront effectivement utilisés par les producteurs.
La capacité de la RDC à gérer le rythme de ses exportations constituera donc l’un des facteurs à suivre, aux côtés de l’évolution de la demande mondiale et du fonctionnement effectif des quotas.
Bankable / Provinces26rdc.com
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