Ebola : Kinshasa se démène pour accéder aux zones sous contrôle du M23

Le gouvernement congolais tente de débloquer l’accès sanitaire de l’est du pays alors que la 17e épidémie d’Ebola touche des zones hors de son contrôle. L’exécutif mise sur la voie diplomatique pour permettre aux équipes médicales d’intervenir dans les territoires du Nord et Sud-Kivu tenus par l’AFC/M23.

L’alerte a été donnée samedi 23 mai à Kampala lors d’une conférence de presse avec les officiels ougandais. Le ministre congolais de la Santé publique, Roger Samuel Kamba, s’est exprimé aux côtés de son homologue ougandais et du directeur général d’Africa CDC. L’homme d’État congolais a confirmé que des démarches sont en cours pour obtenir un passage humanitaire dans les zones occupées par la rébellion soutenue par le Rwanda.

Kinshasa ne négocie pas directement avec le M23. Selon le ministre, les discussions passent par des canaux internationaux déjà activés pour le processus de paix. « Nos négociateurs sont déjà informés de toute la situation, ils sont en discussion au travers nos partenaires notamment les Américains et les Qatariens pour pouvoir régler ce problème notamment pour les zones qui sont déjà sous contrôle », a-t-il expliqué.

Le dispositif s’appuie sur les mécanismes de Doha et Washington. Ces cadres de médiation sont utilisés pour relayer les demandes congolaises auprès du mouvement rebelle, avec l’appui des États-Unis et du Qatar. En clair, Kinshasa veut obtenir des garanties de sécurité pour les équipes de riposte.

Sur le plan opérationnel, le ministère de la Santé veut rétablir la circulation aérienne et routière. Roger Samuel Kamba a indiqué avoir écrit à la Première ministre pour demander « la réouverture de l’aéroport de Goma et l’accès au Sud-Kivu ». Sans ces accès, le déploiement rapide des moyens de lutte reste impossible.

L’enjeu est d’éviter une réponse morcelée à l’épidémie. Pour Kinshasa, il faut une stratégie unique couvrant l’ensemble des zones affectées. « Il est important comme je l’ai dit tout à l’heure que nous ayons une seule riposte qui est développée dans toute la région », a insisté le ministre.

La présence du virus dans des territoires contrôlés par l’AFC/M23 complique la surveillance épidémiologique. Les données manquent et le suivi des contacts est interrompu, ce qui accroît le risque de propagation vers d’autres provinces et vers l’Ouganda voisin.

L’exécutif compte sur l’implication des partenaires internationaux pour faire pression et obtenir des corridors humanitaires. L’appui d’Africa CDC et de l’Ouganda est présenté comme un levier pour maintenir la coordination régionale.

Au-delà de l’urgence sanitaire, la démarche s’inscrit dans la gestion politique de la crise dans l’est. En passant par la diplomatie, Kinshasa cherche à concilier impératif de santé publique et contraintes sécuritaires sans légitimer directement la rébellion.

La suite dépendra des réponses obtenues via les médiations en cours. Sans accès garanti, la riposte restera partielle et l’épidémie pourrait gagner du terrain dans une région déjà fragilisée par le conflit.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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