Expert en épidémiologie : Dr Albert Muya explique les caractéristiques cliniques du Monkey pox.

Depuis le 18 août courant, un cas de Monkey pox, également appelée « variole du singe », a été détecté et confirmé à l’Hôpital général de référence de Kinshasa (HGRK), ex-Mama Yemo. Il s’agit d’un homme d’une trentaine d’années, en provenance de la ville d’Inongo dans la province du Maï-Ndombe. Le patient est actuellement pris en charge à l’ex-Mama Yemo. C’est quoi la Monkeypox ? Comment se transmet le virus Monkeypox ? Qui attrape la Monkeypox ? Comment savoir si on a la Monkeypox ? Quel est l’agent causal de la variole du singe ? Quel traitement ainsi que les précautions à prendre pour éviter d’être contaminé. Pour en parler, Forum des As a rencontré le Dr Albert Muya, expert en épidémiologie, médecin à ex-Mama yemo.

Forum des As : qu’est-ce que la Monkeypox ?

Dr Albert Muya: Aussi appelée variole du singe, la Monkeypox est un virus transmis initialement à l’homme par l’animal. Elle est endémique et sévit en Afrique, notamment à proximité des forêts tropicales humides. Maladie potentiellement mortelle bien que très rare, la variole du singe se manifeste par des symptômes proches de ceux de la variole humaine. Les personnes infectées par le virus présentent généralement de la fièvre, des douleurs musculaires, des ganglions lymphatiques enflés et une éruption cutanée sur les mains et les visages, comme une varicelle.

Quel est l’agent causal de la variole du singe ?

Le Monkey Pox est causé par le virus monkeypox (MPXV) ou l’orthopoxvirus simien, qui appartient au genre orthopoxvirus de la famille des Poxviridés.

Comment cette maladie se transmet-elle ?

Bien qu’on l’appelle variole du singe, ce n’est pas via les singes que cette maladie se transmet de l’animal à l’humain à partir des rongeurs (par exemple, en Afrique, les écureuils de forêt ou rat de Gambie).

Elle se transmet également par contact direct avec des animaux infectés, par contact avec les lésions cutanées ou les fluides biologiques, de façon indirecte via des matériaux contaminés (comme la literie ou les surfaces) la contamination peut aussi se faire via les gouttelettes respiratoires d’une personne infectée.

La transmission interhumaine de l’orthopoxvirus simien peut se produire par un contact direct avec des lésions infectieuses cutanées ou autres, par exemple des lésions de la bouche ou des organes génitaux. Cela inclut un contact :

Face-à-face (parler, respirer), peau à peau (toucher, rapports sexuels vaginaux/anaux), bouche-à-bouche (embrasser), par gouttelettes respiratoires ou aérosols à faible portée nécessitant un contact proche prolongé.

Le virus pénètre ensuite dans l’organisme par la peau lésée, les muqueuses ou les voies respiratoires.

Y a-t-il un traitement ?

Il existe un traitement pour la variole du singe. Il n’est indiqué que dans les formes sévères de la maladie, et doit être administré le plus précocement possible pour une durée de 15 jours par voie orale.

L’objectif du traitement de la variole simienne est de soigner l’éruption cutanée, d’apaiser la douleur et d’éviter les complications. Il est important de fournir à la personne atteinte des soins de soutien précoces pour aider à gérer les symptômes et éviter d’autres problèmes.

Quelles sont les précautions à prendre pour ne pas être contaminé ?

La principale stratégie de prévention de la variole du singe consiste à limiter les interfaces humains/faune sauvage, sensibiliser et informer les populations aux facteurs de risque de transmission zoonotique, hygiène de mains, isolement des patients…

Pour éviter de propager le virus de la variole simienne, les personnes atteintes doivent s’isoler chez elles, ou à l’hôpital si nécessaire, pendant toute la durée de la maladie (du début des symptômes à la guérison des lésions et à la chute des croûtes). Il peut être utile de couvrir les lésions et de porter un masque médical en présence d’autres personnes pour prévenir la propagation du virus. Propos recueillis par Tricya MUSANSI

La variole du singe est une maladie contagieuse, mais elle l’est moins que la variole qui a été éradiquée vers la fin des années 70 et que la varicelle ou encore la rougeole. Elle se transmet par contact direct ainsi que par des gouttelettes de salive lorsqu’on entre en contact proche avec une personne infectée.

Selon actualite.de, la RDC a enregistré depuis le début de l’année jusqu’en juillet dernier 6 914 cas de la maladie de variole du singe, en français Monkeypox dont 328 décès, selon la coordination nationale de lutte contre le Monkeypox.

Dix-sept directions provinciales de la santé sur 26 ont été touchées et 159 zones de santé sur les 519, soit 30 % que compte le pays, ont été touchées. Parmi les provinces touchées, il y a celle du Maniema où cette maladie avait été signalée avec 191 cas dont 24 décès signalés depuis le 27 septembre 2021 dans les zones de santé de Tunda, Kibombo et Kindu. Le foyer avait été confirmé sur des échantillons envoyés à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa.

Le Monkoypox est apparu également dans le Kwango qui a enregistré un cas suspect de Monkeypox et une vingtaine de contacts dans la zone de santé de Panzi, selon actualité.cd, un média en ligne. Il s’agit d’un enfant de 10 ans admis à l’hôpital général de référence de Panzi, qui a présenté la fièvre et des éruptions cutanées.

Précautions à prendre

· Évitez tout contact avec les singes et les rongeurs.

· Évitez de consommer de la viande insuffisamment cuite provenant des sources ou de toute autre source.

· Respectez une hygiène méticuleuse des mains (y compris des gants) si vous visitez ou prenez soin d’amis et de sa famille malades.

· Consultez un médecin en cas de fièvre ou d’éruption cutanée.


Forum des AS / Provinces26rd.com

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