Félix Tshisekedi sur TV5 : fin décembre, « On ne donnera pas un jour de plus à Joseph Kabila »

Président du Rassemblement de l’opposition au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, le Congolais Félix Tshisekedi est l’invité du JTA de TV5 Monde. Sur les rotules à un an de sa création, son mouvement cherche un second souffle pour pousser le président à organiser des élections avant la fin de l’année. Bilan de ce mouvement porté par l’opposant historique à Kabila, Etienne Tshisekedi, son père décédé en février 2017.

C’est un Félix Tshisekedi ultra offensif qui a pris la parole samedi soir sur TV5 pour sa première grande interview depuis la mort de son père le 1er février 2017. Une disparition qui n’a pas déstabilisé le Rassemblement, a-t-il martelé dès l’entame de cet entretien aux allures d’un combat de boxe.

Né il y a un an de l’union de plusieurs courants de l’opposition dont les principaux sont le G7 de Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga, et l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi, ce mouvement est aujourd’hui à la peine. Son but principal, l’organisation d’élections, semble loin d’être atteint.

Pour le fils de l’opposant emblématique de la RDC à Joseph Kabila, le Rassemblement est debout. Il a juste « vécu quelques soubresauts après le décès de deux figures de proue du mouvement ».

« Il n’y a pas eu beaucoup de défections. Ce sont quelques individus qui sont partis. Le Rassemblement c’est 10 plateformes et elles sont bien en place ». Voilà pour les départs des frondeurs qui ont alimenté l’actualité de la coalition ces derniers mois.

« Un conclave aura lieu prochainement, vous aurez des nouvelles du mouvement, nous sommes debout », dit-il.

Vient alors la question de la stratégie du Rassemblement pour affronter la marche qui reste à parcourir d’ici au 31 décembre, la date censée être celle de la tenue des élections, selon l’accord de la Saint Sylvestre. Alors que tous les signaux et l’insécurité grandissante dans le pays indiquent un possible report. Une situation dont le responsable est connu.

Félix Tshisekedi le cible : « C’est Joseph Kabila qui est responsable de ce pourrissement. Au Kasaï, c’est le début d’un génocide. Il y a des massacres. C’est la politique de la terre brulée. Et vous allez voir qu’après le Kasaï ça va s’étendre dans le Bas- Congo », accuse le chef de file du Rassemblement en pointant du doigt des milices pro Ne Mwanda Nsemi qui s’apprêteraient, selon lui, à mettre le chaos dans cette province.

Un « désordre » bien calculé, à en croire Félix Tshisekedi, qui en sait même, un peu plus, sur ce qu’il a qualifié de 3 scenarii de la stratégie du chef de l’État pour conserver le pouvoir : le referendum, le chaos et un scenario à la Poutine, a-t-il révélé.

Face à ce défi, le Rassemblement se donne rendez-vous à son prochain conclave sur lequel il compte s’appuyer pour remobiliser ses troupes.

« Pour le moment l’idée c’est de mettre fin à la barbarie du régime de Joseph Kabila et d’aller aux élections avant le 31 décembre. Si ce n’est pas le cas, ça sera fini pour monsieur Kabila, à qui on ne donnera pas un jour de plus », a prévenu le patron du Rassemblement qui a répété que la population était mobilisée et qu’elle n’attendait que le mot d’ordre.

Rédaction

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