Les chefs coutumiers, Chef Kalamba du groupement Tshiofua (Keté) et Chef Shakobe de Mpiang (Kuba), ont signé, ce vendredi 10 juillet 2020, un acte d’engagement et un pacte de paix pour mettre fin aux conflits qui ont divisé leurs communautés depuis quelque temps. La cérémonie a été présidée par le ministre provincial en charge de relation communautaire et interprovinciale du Kasaï, Tedanga Ipota Bimbela, et sous la facilitation d’une ONG Action pour la Paix et la Concorde APC.
Prenant la parole, Chef Shakobe affirme que « ce moment historique restera inoubliable dans nos mémoires, car tous, nous savons que nous avons traversé les moments très difficiles dans cette cité de Kakenge ».
« Aujourd’hui la décision de ce pacte doit être respectée par tout un chacun de nous, tout celui qui tournera à l’encontre de cette décision en connaitra les retombées (cad la mort) », indique le Chef Shakombe
De son coté, le Chef Kalamba se dit être joyeux de cette circonstance qui marque l’histoire de la paix à Kakenge, dans son mot, il a par ailleurs demandé aux membres de ces deux communautés de respecter les chefs coutumiers,
« Celui qui s’opposera à cette décision du pacte de paix sera sacrifié entre les mains des ancêtres », précise-t-il.
Il sied de noter que plus de 500 personnes ont eu à prendre part à cette cérémonie qui a été consacrée par le versement de sang des chèvres (l’une venant du coté Kalamba et une autre du coté Shakobe) comme symbole de la fin des atrocités (et des hostilités) et la mise en pratique par les membres de deux communautés des grandes décisions de ce pacte de paix.
Pour mémoire, le conflit entre les deux chefs coutumiers avait éclaté début 2018. Le Chef Kalamba Dilondo des Kete, qui tenait à étendre son pouvoir sur la cité de Kakenge, avait fait recours aux miliciens Kamuina Nsapu conduits par un certain Moïse Beya Tshiombe actif dans le territoire voisin de Demba (Kasaï Central) pour attaquer le Chef Kum Shakobe des Kuba de qui dépend la cité de Kakenge.
Les affrontements avaient fait, selon le décompte de certaines organisations non gouvernementales, 31 morts et plusieurs villages incendiés et des centaines de populations déplacées. Outre ce bilan, les observateurs redoutaient un conflit plus meurtrier entre les communautés Kuba, Kete et Lubaphone dans une zone où des différends des limites opposent le Kasaï et le Kasaï Central sur fond d’ambitions politiques.
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