Le projet d’attribution de droits d’exploration pétrolière menace la préservation des forêts tropicales

En avril, les autorités congolaises ont indiqué qu’un cycle d’appels d’offres sera lancé pour 16 blocs pétroliers répartis entre le Bassin côtier, la Cuvette centrale et le Graben Tanganyika. Un projet dont l’objectif est d’accroître la production du brut de la RDC.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo lancera, en juillet prochain, une procédure pour attribuer des licences d’exploration pétrolière à des firmes pétrolières internationales. Selon Simon Lewis, professeur de sciences du changement climatique à l’University College de Londres, le projet, destiné à rechercher des hydrocarbures dans des zones tropicales censées héberger des quantités significatives d’or noir, est contraire aux engagements des autorités en faveur de la préservation de la Forêt du bassin du Congo.

« L’invitation faite aux grandes compagnies pétrolières de saccager les écosystèmes les plus sensibles du Congo et de forer dans le piège à carbone que constituent les tourbières est une erreur historique qui doit être annulée immédiatement », a déclaré Irene Wabiwa Betoko, une des responsables de Greenpeace Afrique, une ONG internationale de protection de l’environnement.

Les forêts tropicales jouent un rôle fondamental dans la politique globale destinée à limiter le réchauffement planétaire qu’elles permettent de réduire. En effet, elles abritent une biodiversité riche, essentielle dans le cycle du carbone en ce qu’elles contribuent de façon significative à capter et stocker le gaz carbonique rejeté dans l’atmosphère.

L’année dernière, lors de la COP 26 qui s’est tenue à Glasgow (Ecosse), un accord a été signé entre le président de la RDC, Félix Tshisekedi et le Premier ministre britannique Boris Johnson. Le deal, conclu dans le cadre de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), vise à assurer la protection de la Forêt tropicale du bassin du Congo, la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, après celle de l’Amazonie. Ceci, via un financement de 500 millions de dollars de financement sur cinq ans.

Selon plusieurs observateurs, les engagements du pays en faveur du climat ne peuvent pas être réalisés si le gouvernement tient à renforcer ses projets pétroliers dans ces zones. « Les donateurs travaillent en étroite collaboration avec le gouvernement de la RDC pour s’assurer que les engagements décrits dans la lettre d’intention sont respectés », a déclaré la CAFI dans une note.


Agence Ecofin / Provinces26rdc.net

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