L’assemblée de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) s’ouvre ce lundi 27 juillet en Jamaïque. Il ne s’agit pas de l’organe des Nations unies le plus connu, mais c’est là où se joue actuellement l’un des dossiers les plus brûlants du moment, celui de l’exploitation minière des grands fonds marins.
La bataille fait rage entre les appétits des industriels, ceux des pays qui lorgnent sur les ressources qui s’y trouvent – de nombreux métaux notamment –, et ceux qui veulent préserver des régions qui ne sont pas encore trop endommagées par les activités humaines. Et l’Afrique pourrait bien jouer un rôle pivot dans les discussions à venir.
À 3 000 et 4 000 mètres de fond, dans les eaux internationales, on y trouve du manganèse, du cuivre, du cobalt et beaucoup d’autres métaux. Si ces ressources aiguisent des appétits, un mouvement, en faveur d’un moratoire sur cette pratique, prend de l’ampleur pour protéger des écosystèmes encore méconnus et préservés. Quarante-trois pays y sont favorables, dont trois pays africains : le Kenya, le Malawi et Madagascar. Leur annonce récente pourrait faire pencher la balance.
Un puissant groupe africain à l’AIFM
« Le groupe africain à l’AIFM est le plus important en termes numériques. C’est le groupe qui, politiquement, pèse le plus ; c’est un groupe qui vote de manière très groupée. Nous avons donc un pays qui prend une décision au nom du groupe africain et donc, ce sont des pays qui changent à chaque fois, à chaque négociation. Là, par exemple, c’est l’Afrique du Sud. On a plein de pays qui détiennent des ressources minières importantes comme la RDC, la Zambie et l’Afrique du Sud. Ils n’ont pas intérêt à voir l’exploitation minière des fonds marins démarrer parce que c’est une ouverture à la concurrence », explique Anne-Sophie Roux, conseillère en politiques maritimes.
170 pays sont membres de l’AIFM. Les États-Unis en sont absents et font peser une menace sur ces négociations, à l’initiative de Donald Trump. Le président américain a en effet signé, l’an dernier, un décret autorisant les entreprises à aller miner les fonds marins, même en zone internationale, au mépris du droit. À ce jour, aucune licence n’a cependant encore été accordée.
rfi / Provinces26rdc.com
Laisser un commentaire