L’opposant Alexeï Navalny a été « empoisonné » avec une « toxine rare » par la Russie, selon cinq pays

L’opposant russe Alexeï Navalny, mort en février 2024 en prison, a été « empoisonné » par les autorités russes avec une toxine « rare », selon une enquête de cinq pays dont la France et le Royaume-Uni, dévoilée samedi. Les analyses ont identifié de l’épibatidine, un poison présent dans les grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud.

De nouvelles révélations sur la mort de l’ancien opposant de Vladimir Poutine. Alexeï Navalny, mort en février 2024 dans des circonstances troubles dans une prison russe, a été « empoisonné » avec une « toxine rare » par Moscou, accusent, samedi 14 février, cinq pays dont le Royaume-Uni, lors d’une annonce en marge de la conférence de Munich sur la sécurité.

« Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas sont convaincus qu’Alexeï Navalny a été empoisonné avec une toxine létale », ont déclaré ces pays dans une déclaration conjointe. « Seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l’occasion d’utiliser cette toxine létale contre Alexeï Navalny durant son emprisonnement en Russie », a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, citée dans le communiqué.

Immédiatement après cette annonce, sa veuve Ioulia Navalnaïa a déclaré que son « assassinat » était désormais « prouvé par la science ». « Il y a deux ans (…) je suis venue sur scène et j’ai dit ‘Vladimir Poutine a tué mon mari’ (…) Et aujourd’hui ces mots sont devenus un fait prouvé par la science », a-t-elle déclaré.

Les pays européens expliquent qu’un « travail constant et collaboratif a confirmé, par des analyses de laboratoire, que la toxine mortelle présente dans la peau des grenouilles-dards d’Équateur (l’épibatidine) a été retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d’Alexeï Navalny ». Ils ajoutent que cette toxine a « très probablement entraîné sa mort ».Ces derniers ont écrit à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), pour lui signaler cet empoisonnement.

« Projet barbare du Kremlin »

Moscou n’a jamais admis qu’Alexeï Navalny ait fait l’objet d’une tentative d’assassinat ni reconnu les résultats des analyses de laboratoires européens identifiant le poison, évoquant un complot occidental.

Charismatique militant anticorruption et farouche opposant à l’invasion russe de l’Ukraine lancée en 2022, Alexeï Navalny est décédé à 47 ans dans des circonstances floues dans une colonie pénitentiaire en Arctique, alors qu’il purgeait une peine de 19 ans d’emprisonnement pour des accusations qu’il dénonçait comme politiques.

Après sa mort, les autorités avaient refusé pendant plusieurs jours de remettre son corps à ses proches, ce qui a éveillé les soupçons de ses partisans qui accusent le pouvoir de l’avoir « tué » et de chercher à maquiller son meurtre. Des accusations démenties par le Kremlin.

« Aujourd’hui, au côté de sa veuve, le Royaume-Uni met en lumière le projet barbare du Kremlin visant à faire taire sa voix », a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères.

« Prêt à utiliser l’arme bactériologique contre son peuple »

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, s’est lui aussi exprimé sur le sujet sur le réseau social X. « Nous savons désormais que Vladimir Poutine est prêt à utiliser l’arme bactériologique contre son propre peuple pour se maintenir au pouvoir », a-t-il dit, ajoutant que la France « rend hommage à cette figure de l’opposition, tuée pour son combat en faveur d’une Russie libre et démocratique ».

Dans leur communiqué, les cinq pays se disent « préoccupés par le fait que la Russie n’a pas détruit l’ensemble de ses armes chimiques », accusant Moscou de violer la Convention sur les armes chimiques.

Alexeï Navalny avait déjà été empoisonné par l’agent neurotoxique Novitchok en 2020 pendant qu’il était en campagne électorale en Sibérie. Ses soutiens et lui l’avaient attribué au Kremlin, qui a toujours nié. Transféré dans le coma en Allemagne pour y être soigné, il avait choisi de rentrer en Russie et avait été incarcéré pour « extrémisme ».

Ils évoquent également le décès d’une Britannique en 2018, victime collatérale de l’empoisonnement au Novitchok de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal.

Une enquête indépendante, dont les conclusions ont été rendues en décembre, a souligné la « responsabilité morale » du président Vladimir Poutine dans la mort de cette mère de famille de 44 ans.

 


AFP / France 24 / Provinces26rdc.com

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