L’UE renforce son appui à la lutte contre Ebola en RDC

Cinq millions de dollars supplémentaires ont été débloqués pour soutenir la riposte dans l’est du pays, notamment en Ituri.

À Bunia, Hadja Lahbib, la Commissaire européenne aux affaires humanitaires, a visité notamment les centres de traitement d’Ebola du centre évangélique Medical et celui de Rwampara. Tous les deux sont situés dans la province de l’Ituri, d’où est partie l’épidémie en cours.

Objectif de cette mission : constater les réalités sur le terrain et évaluer l’impact de l’appui de l’Union européenne aux équipes engagées dans la riposte contre la nouvelle flambée du virus.

Des progrès et des défis

Les avancées sont remarquables, mais beaucoup reste encore à faire, a déclaré Hadja Lahbib avant d’annoncer une aide supplémentaire de 5 millions de dollars destinée à renforcer les opérations de riposte et à venir en aide aux populations affectées par l’épidémie.

« On est ici dans un site qui a été mal perçu au départ. Il y a eu des attaques dues à la désinformation, à l’incompréhension et ici tout est transparent. Je suis fière, en tant que Commissaire de l’Union européenne, d’avoir financé cette structure qui permet de délivrer des traitements adéquats et de sauver des vies. C’est clair qu’il y a encore des besoins : il faut d’abord pouvoir poser des diagnostics plus rapidement, être plus près des communautés touchées et, évidemment, renforcer la réponse. »

Sensibiliser des populations réticentes

À ce jour, le Centre évangélique médical de Bunia prend en charge au moins 38 patients atteints d’Ebola, tandis que plus de quinze autres sont suivis au Centre de traitement de Rwampara.

Mais comme dans plusieurs structures déjà opérationnelles en Ituri, les équipes restent confrontées à d’importants défis : insuffisance d’équipements, pression psychologique sur le personnel soignant et résistance de certaines communautés, qui complique le travail des équipes de riposte sur le terrain.

Le docteur Richard Kojan, clinicien réanimateur engagé dans la riposte au sein de l’organisation ALIMA, souligne que ces difficultés affectent directement la capacité de prise en charge des malades et les efforts de sensibilisation auprès de la population :

« Le grand défi, c’est d’abord l’acceptation de la maladie par la population, la confiance envers les structures de soins, puis la mobilisation de ressources humaines suffisantes. Ceux que l’épidémie a trouvés sur place sont sous stress depuis longtemps, et il en faut d’autres. Au-delà des ressources humaines, il y a aussi toutes les ressources matérielles et logistiques qui font défaut. »

Le ministère congolais de la Santé alerte également sur le faible suivi des cas contacts au sein des communautés affectées, une situation qui favorise la propagation de la maladie et complique davantage les efforts de riposte.

A ce jour, la province de l’Ituri enregistre plus de 420 cas confirmés d’Ebola et plus de 50 décès liés à cette nouvelle flambée, selon le dernier bulletin du ministère de la Santé.


DW / Provinces26rdc.com

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