Population, société civile, organisations non gouvernementales, communauté internationale… Lamuka prend tout le monde à témoin contre tout projet visant la modification ou encore le changement de la Constitution. L’un des ténors de la plateforme, Prince Epenge agite le spectre de la rue pour faire plier le régime.
L’idée ne passe pas au sein de l’opposition. D’ailleurs le débat sur le changement constitutionnel est qualifié de “diabolique” par le camp Fayulu. Dans “Coup de gueule”, l’interview culte d’Ouragan, Prince Epenge, vice-président et porte-parole de Lamuka, n’a pas transigé. Fort de ses convictions, l’opposant anti-régime ne se laisse pas persuadé. Il affirme à haute voix que penser le changement de la Constitution est une stratégie de l’Union sacrée consistant à maintenir Félix Tshisekedi au pouvoir. Mission impossible, rétorque Epenge.
Lamuka n’entend pas faire marche arrière sur sa position au sujet de la Constitution. Alors que le débat sur la loi fondamentale prend de l’épaisseur dans l’opinion et que l’Udps accélère le rythme avec le dépôt, le jeudi 19 mars, au bureau de l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi organique relative à l’organisation du référendum, Prince Epenge met en garde le parti au pouvoir et appelle à des fortes mobilisations des Congolais à travers le pays et dans la diaspora. Le leader de l’ADD Congo promet des actions musclées sur le terrain pour empêcher toute révision constitutionnelle.
Non au troisième mandat
Le bras droit de Martin Fayulu redit que le peuple ne veut pas d’un changement constitutionnel qui va consacrer un troisième mandat à Félix Tshisekedi. “Tshisekedi sera le seul à répondre face à l’histoire. Le peuple cherche à se mettre à l’abri face à l’insécurité au Kivu, en Ituri et au Bandundu. Le peuple ne veut pas du changement de la Constitution. C’est le social qui préoccupe la population. Félix Tshisekedi avait prêté serment sur cette même Constitution et pris l’engagement de la protéger. Nous serons dans la rue, dans tout le pays. Nous mettons déjà en garde la force du progrès. Nous appelons la communauté internationale, les Ong des droits de l’homme, la police et l’armée, à assurer la sécurité des Congolais qui se mobilisent déjà”, a prévenu Epenge.
Dans les faits, l’opposant soutient que le changement de la Constitution voulu par le camp du pouvoir, est un défi lancé au peuple, et que ce dernier va l’emporter haut la main. A ceux qui chantent le troisième mandat, le jeune leader rappelle que le Congo n’a pas besoin d’un roi, mais plutôt d’un président avec une durée de vie limitée au pouvoir. « Au sein de l’ADD Congo et Lamuka, nous nous préparons pour les élections de 2028. Quel est le problème que l’Udps veut régler au Congo en changeant la Constitution ? Qu’elle nous donne cinq articles de la Constitution qui empêchent à son chef de donner de l’eau et de l’emploi aux Congolais”, tonne le porte-parole de Lamuka.
Plus loin, M. Epenge invite les pro-Tshisekedi à ne pas pousser le chef de l’État à commettre la fatale erreur de vouloir s’éterniser au fauteuil présidentiel. Il estime que l’actuel locataire du Palais de la Nation a l’occasion de sortir par la grande porte en quittant le pouvoir dans le délai constitutionnel. “Mon aîné Félix Tshisekedi a l’opportunité de sortir par la grande porte. Après ces deux mandats, il peut aller se reposer à Kananga, comme il l’avait promis à la population. Il avait d’ailleurs déclaré que la fonction présidentielle est épuisante”, a-t-il conseillé.
Vers le forcing ?
L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) entend toucher à la loi fondamentale avant la fin du second mandat de Félix Tshisekedi. Plusieurs fronts sont désormais ouverts pour préparer le terrain. Matinées politiques, émissions audiovisuelles, publications sur les réseaux sociaux : les figures du pouvoir abordent de plus en plus ouvertement la question.
Le chef intérimaire du parti présidentiel, Augustin Kabuya, n’a laissé planer aucun doute sur l’orientation choisie par sa famille politique. Dans son discours aux accents extrémistes, le proche de Fatshi affirme que le texte mère ne correspond plus aux besoins du pays. Selon lui, le document adopté dans le contexte de sortie de guerre avait été largement façonné pour satisfaire les belligérants de l’époque.
Dans cette démarche, une étape significative a été franchie avec l’atterrissage à l’hémicycle de la proposition de loi organique relative à l’organisation du référendum. L’initiative portée par le député Udps, Tony Mwaba, élu de la Lukunga à Kinshasa, répond, nous dit-on, à un besoin structurel du système juridique congolais. La proposition vise à encadrer de manière plus claire l’exercice du référendum, un outil essentiel de la souveraineté populaire.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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