Jean-Marc Kabund-A-Kabund poursuit sa tournée diplomatique hautement stratégique en Europe. L’opposant radical au régime Tshisekedi a été reçu, jeudi 19 février 2026 à Bruxelles, par Louis Michel, homme d’État belge et ancien chef de la diplomatie du Royaume.
Selon l’entourage du leader de l’A.Ch, les discussions, qui ont duré plus d’une heure, se sont déroulées dans un climat jugé franc et constructif. Les deux personnalités ont exploré différentes pistes susceptibles de favoriser un retour tangible à la paix et à la stabilité dans la région des Grands Lacs, dans un contexte marqué par la persistance des violences et des déplacements de populations.
À l’issue de la rencontre, Louis Michel a salué la qualité des échanges et a convié Jean-Marc Kabund à intervenir lors du colloque international intitulé « L’Europe à la reconquête de sa souveraineté : quelles relations avec l’Afrique ? » , programmé le 13 mars prochain dans la capitale belge.
Pour sa part, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a réaffirmé sa volonté de se ranger derrière toute démarche responsable visant l’instauration d’une paix durable en RDC. L’acteur politique a insisté sur un consensus national solide, soutenu par un engagement cohérent et mesurable de la communauté internationale, afin de garantir la stabilité et la relance d’un processus politique crédible.
Depuis qu’il est arrivé le 16 février dernier, sur le continent européen, Jean-Marc Kabund a déroulé son narratif : la crise congolaise, soutient-il, ne peut être contenue par la seule force des armes. Dans le cadre de cette mission, bien avant Louis Michel, l’opposant congolais s’était entretenu mardi 17 février 2026 avec Marc Pecsteen de Buytswerve, envoyé spécial du Royaume de Belgique pour la région des Grands Lacs. De vive voix, le président national du parti politique Alliance pour le changement (A.Ch) a défendu avec vigueur l’idée qu’une réponse exclusivement sécuritaire conduirait à une impasse.
Dans le même élan, le patron de l’A.Ch a exhorté l’Union européenne à exercer une pression résolue sur le pouvoir de Kinshasa afin de l’amener à convoquer un dialogue véritablement inclusif, strictement encadré par des garanties constitutionnelles. À ses yeux, la voie militaire, à elle seule, ne saurait ouvrir l’horizon d’un règlement durable.
L’entretien entre les deux hommes a mis en exergue la nécessité impérieuse de préserver les vies civiles, alors que l’est de la République démocratique du Congo demeure le théâtre d’une instabilité persistante. Pour le chef de file de la Coalition de la gauche congolaise (CGC), l’heure est à l’édification d’une issue politique crédible, adossée à un véritable dialogue national.
L’opposant a inscrit sa tournée dans une perspective visant à mobiliser, au sein des capitales européennes, des relais diplomatiques capables d’exercer une pression accrue sur Kinshasa afin d’obtenir l’ouverture d’un dialogue qu’il qualifie de « véritable ». Une initiative qu’il présente non comme une intrusion extérieure, mais comme un levier destiné à créer les conditions d’un échange politique loyal et conforme aux exigences constitutionnelles.
À Bruxelles, Kabund a rappelé les préalables qu’il juge non négociables : une facilitation neutre, l’engagement formel de toutes les parties à ne pas toucher à la Constitution, et le respect scrupuleux de l’intégrité territoriale ainsi que de la souveraineté nationale. Autant de garde-fous qu’il estime indispensables pour éviter toute dérive et restaurer la confiance entre protagonistes.
Les entretiens conduits en Belgique avec des autorités et divers représentants diplomatiques ont porté, selon ses proches, sur deux axes majeurs à savoir : la gestion de la crise humanitaire dans l’est et la crédibilité d’un processus politique devant conduire à des élections libres, démocratiques et transparentes, dans le strict respect des délais constitutionnels. Pour la CGC, il s’agit d’articuler une approche politique globale, conforme au droit international et aux résolutions des Nations unies, afin de s’attaquer aux causes internes de l’instabilité.
L’ex-premier vice-président de l’Assemblée nationale appelle en particulier la Belgique et l’Union européenne à renforcer leur implication pour garantir qu’un éventuel dialogue soit réellement inclusif et assorti de garanties concrètes. Dans cette optique, sa stratégie consiste à fédérer en Europe des acteurs influents, responsables politiques, diplomates européens, représentants onusiens, susceptibles de contraindre, voir d’infléchir, par des voies diplomatiques mesurables, l’attitude du pouvoir congolais.
Ses partisans voient dans cette démarche un contrepoids à ce qu’ils décrivent comme une tentation du pouvoir central de privilégier l’option militaire et de différer les échéances démocratiques. Son parti plaide pour un accompagnement international destiné à vérifier le respect des engagements qui pourraient être pris lors de futures négociations, et à mettre en place des mécanismes garantissant la transparence et la sécurité durant la période électorale.
Après Bruxelles, Kabund portera son plaidoyer en France, puis en l’Angleterre, où il restera sur la même lignée : « convaincre que l’avenir de la République démocratique du Congo ne peut s’écrire dans le seul registre militaire, mais dans l’architecture exigeante d’un dialogue inclusif, adossé à des garanties constitutionnelles intangible » .
Dans cette offensive diplomatique, un échange avec des députés européens figure également à son agenda. La tournée européenne de l’opposant congolais prend ainsi les contours d’un test grandeur nature. Il est question « de mesurer si, des couloirs de Bruxelles aux tribunes parlementaires européennes, la mobilisation internationale peut infléchir le cours des décisions à Kinshasa et peser concrètement sur la recherche d’une paix durable et d’un processus démocratique irréprochable ».
Ouragan / Provinces26rdc.com
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