RDC : Félix Tshisekedi « tout a toujours tourné autour des mines et cela ne nous a rien apporté à nous, nous les Congolais »

Félix Tshisekedi a décliné ce mardi devant les hommes d’affaires belges sa vision des opportunités que le Congo d’aujourd’hui offre aux monde des affaires. Il a parlé notamment de la diversification de l’économie.

« Tout a toujours tourné autour des mines et cela ne nous a rien apporté à nous, nous les Congolais », a t-il dit au siège de la Fédération des Entreprises de Belgique (VBO-FEB) où il a animé une séance académique. Le chef de l’Etat congolais a présenté ses priorités socio-économiques, destinées notamment à attirer de nouveaux investisseurs étrangers. L’intervention de Félix Tshisekedi a été suivie d’une session question-réponse.

Il a évoqué également des opportunités notamment dans le domaine agricole et le secteur du numérique.

A propos, la vision du Chef de l’Etat dans ce domaine est de transformer le potentiel agricole congolais en un autre levier de croissance important avec ses 80 millions d’hectares de terres arables et 40 millions irrigables.

« Le défi pour nous est d’amener la population rurale et agricole d’une production de subsistance à une production industrielle. Il s’agit là aussi d’un défi de capacité », avait déclaré Félix Tshisekedi toujours à la 5e édition du Forum économique Makutano.

Le nouveau gouvernement s’inscrit également sur cette même ligne. Dans son discours de politique générale, le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba constatait que « faute d’opportunités économiques et sociales viables dans l’arrière-pays, nous assistons, de plus en plus aujourd’hui, à l’exode rural et au dépérissement du secteur agricole ».

Devant les hommes d’affaires belges ce mardi, Félix Tshisekedi a évoqué également des réformes à venir notamment sur le climat des affaires, l’énergie, etc.

Félix Tshisekedi poursuit sa visite en Belgique. Ce mardi, il s’est rendu à la Fédération des entreprises de Belgique. La FEB est une organisation interprofessionnelle d’employeurs représentant les entreprises des trois Régions du Royaume de Belgique. Il a présenté les opportunités que le Congo peut offrir aux entrepreneurs belges et a insisté sur l’amélioration du climat des affaires. Il a également parlé de la lutte contre la corruption.

«  Il y a aujourd’hui plus de 80% des recettes qui échappent au trésor public », a t-il déclaré.

Selon le rapport sur l’Indice de perception de la corruption pour l’année 2018, publié 29 janvier par Transparency international, principale organisation de la société civile de lutte contre la corruption, la RDC est classée parmi les vingt pays les plus corrompus du monde. Avec un score de 21%, le pays occupe la 161ème place sur 180 pays évalués.

Le pays perd chaque année au moins 15 milliards de dollars du fait de la corruption et de détournement des fonds publics, avait révélé en juin 2018 Luzolo Bambi, à l’époque conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance, lutte contre la corruption et financement du terrorisme.

Devant les entrepreneurs belges, Félix Tshisekedi a annoncé la mise en place incessamment d’une agence de lutte contre la corruption.

Dans son discours de politique générale, le Premier ministre Ilunga Ilunkamba avait également annoncé la création d’une juridiction spécialisée dans la lutte contre la corruption, la fraude fiscale, le blanchiment des capitaux ainsi que le détournement des deniers publics.C’est une recommandation qui date des assises des collages des recettes de 2014. Ce serait une innovation en cas d’application.

Il faut ajouté que la proposition de loi organique portant institution, organisation de fonctionnement de l’agence nationale de lutte contre la corruption, initiée par Henri-Thomas Lokondo, a été déjà déposée au bureau de l’Assemblée nationale. C’est également le cas de la proposition de loi portant lutte contre la corruption initiée par  Jean-Pierre  Mpasi za Mpamba du Réseau des Parlementaires Africains contre la corruption.

Ces initiatives, une fois mises en place, devraient permettre non seulement de faire avancer le climat des affaires mais aussi d’améliorer le rapport entre la RDC et les institutions financières internationales. En juin 2019, le Fonds Monétaire Internationale (FMI) avait invité les autorités congolaises à l’option d’une loi anticorruption et à la création d’une commission indépendante de lutte contre la Corruption.

Provinces26rdc.net

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