RDC : « La Primature engagée dans la bataille de l’abaissement de la Justice ? » (Tribune du Pr Ntumba Luaba)

Quelle est la nature de la réunion tenue par le Premier ministre hier (Ndlr, samedi 27 juin) ? Sous quel format et quelle dénomination ? Depuis quand une réunion de ministres se termine par une déclaration d’un porte-parole de la Primature ? Où se trouve le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ?

On nous dit que se sont réunis autour du Premier ministre, des vice-Premiers ministres,des ministres d’État, des ministres et vice-ministres, sans préciser lesquels.

Apparemment, le Premier ministre ne s’est réuni qu’avec une partie du gouvernement, essentiellement les membres d’une composante. On ne sait pas s’il s’agit d’une commission interministérielle, laquelle ? Lorsque le président de la République est présent au pays, le Premier ministre peut-il tenir une réunion de cabinet sans obtenir l’autorisation ou prévenir le chef de l’État ?

Depuis quand le PM communique avec le chef de l’État à travers un texte lu et rendu public par son directeur de communication et porte-parole ? A-t-on convoqué le VPM de la Justice sur la base des propos tenus au Conseil des ministres, des opinions émises ou sur la base d’écrits fallacieux, écrits et adressés à l’Assemblée nationale au nom du gouvernement et du Conseil des ministres et qui n’ont jamais été soumis à celui-ci. Paradoxalement, la réunion d’hier (ndlr, samedi 27 juillet) semble engager aussi le gouvernement, sans que celui-ci se soit réuni et traduit sa volonté par son porte-parole attitré. On lui fait même dire qu’il menace de démissionner. Et même s’il le faisait, la nation congolaise survivrait.

Ilunga Ilunkamba de cette substitution subtile et pernicieuse d’un ministre au gouvernement, dans l’ignorance ou le contournement de celui-ci ? Lorsque le PM constate de tels faits pourquoi n’a t-il pas le courage d’en tirer conséquence ? Le VPM ignore sa lettre et ses recommandations à ce sujet, il ne fait l’objet d’aucune demande d’explication et mise en demeure. Bien au contraire, le Conseil des ministres, sous la partie continuée par lui, constate que le VPM a envoyé les avis à son initiative personnelle, donc dans l’ignorance superbe du gouvernement, et il n’en tire aucune conséquence, et cherche même à couvrir cette faute. Rien d’autre que de la complaisance.

Depuis quand, sur un ton péremptoire et dans des accents d’un chef ou représentant syndical d’une composante d’une partie du gouvernement, le PM adresse des recommandations publiques au Président de la République et lui demande de faire respecter la Constitution. Est-ce là la courtoisie, voire le respect, qu’un Premier ministre doit avoir à l’endroit d’un président de la République. Qui assure le secret des délibérations du Conseil des ministres ? Est-ce le chef de l’État ou le chef du gouvernement ?

Ce texte de la Primature fait apparaître que celle-ci est aussi engagée dans la bataille de l’abaissement de la Justice. Le Premier ministre qui n’a pas su ou pu demander des explications ou sanctionner les fautes commises par le ministre de la Justice, le voilà qui sollicite du chef de l’État d’obtenir la sanction de certains magistrats. On sent la même concertation pour étouffe l’indépendance de la Justice, faire sanctionner de hauts magistrats, devenir soi-même juge de la flagrance.

Non, monsieur le PM, un Premier ministre en homme d’État, ne s’adresse pas au président de la République à travers un communiqué lu par son chef de communication ou porte-parole. Il lui écrit directement ou demande à le rencontrer. C’est un déficit de courtoisie républicaine. Ce n’est pas l’attitude d’un homme d’État. C’est un agissement syndical d’un chef d’une composante gouvernementale.

Je signe et j’assume
Pr Ntumba Luaba
Dimanche 28 juin 2020


Le Potentiel /provinces26rdc.net

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